Faire passer des vaches pour des génisses, c’est la ruse des éleveurs néerlandais pour réduire administrativement la taille de leur cheptel en production. Et pour cause, le pays fait l’objet d’un plan de réduction de ses émissions de phosphore, après avoir dépassé les plafonds fixés par la Commission européenne suite à l’arrêt des quotas laitiers. Une génisse ne compte que pour 0,5 unité gros bétail (UGB), quand une vache compte pour 1 UGB. La manœuvre permet donc de moins polluer sur le papier.

Selon Christophe Perrot, chargé de mission à l’Institut de l’élevage, « cette fraude s’est organisée sur l’année 2017 exclusivement, en raison du prix du lait incitatif à la production, dépassant 400 € la tonne. Les niveaux de revenu des éleveurs laitiers néerlandais ont battu tous les records en 2017 : plus de 67 000 € par unité de travail annuel (UTA) en moyenne ».

Des vaches importées aussi déclarées comme des génisses

Mais le scandale ne s’arrête pas là : les éleveurs néerlandais auraient également importé des vaches laitières de l’Allemagne, du Danemark et de l’Europe de l’Est, qu’ils ont aussi déclarées comme génisses. « Les bases de données d’identification des bovins ne sont pas interconnectées entre pays européens, précise Christophe Perrot. Quand une vache est importée, on ne connaît pas son passé, et on peut parfaitement la déclarer comme une génisse n’ayant jamais mis bas. »

Des élevages de veaux de boucherie sont également concernés par les blocages de mouvements animaux, certains veaux n’ayant pas une déclaration régulière de leur ascendance. Quant aux sanctions, les procédures pourraient prendre du temps. « Dans cette affaire, les Pays-Bas ne peuvent pas appliquer une simple amende administrative aux élevages concernés. Les autorités doivent poursuivre chacun d’entre eux en justice », affirme Christophe Perrot.

Il reste enfin la question de la dérogation à la directive nitrates dont profitent les Pays-Bas, que la Commission européenne pourrait ne pas renouveler à la suite de cette nouvelle affaire. Un tiers du cheptel laitier néerlandais serait alors amené à disparaître.

V. Gu.

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