Les questions des sénateurs relatives à la place de l’agriculture dans la transition énergétique étaient nombreuses ce mardi lors de l’audition qui termine la période de consultation publique sur le projet de PPE. La ministre s’est exprimé à propos l’emballement de la filière du biogaz et de la baisse d’ambition concernant le biogaz par rapport à l’ancienne version de la PPE (passage de 10 % à 7 % de biogaz sur la consommation totale de gaz en 2030). « Multiplier par six la production, je peux vous assurer que ce n’est pas une petite ambition, et si ça s’emballe, on peut dire que c’est une bonne nouvelle. Peut-être pas pour mes collègues de Bercy, mais moi je considère que c’est une bonne nouvelle », s’est félicitée la Ministre. Elle rappelle l’intérêt social d’apporter un complément de revenus pour les agriculteurs mais ne s’est pas exprimée concernant la trajectoire de forte baisse annoncée des tarifs de rachat.

À lire aussi : La filière du biogaz en surchauffe

Annonce imminente concernant le photovoltaïque sur toiture

Quant à la production d’énergie photovoltaïque, Elizabeth Borne rappelle les priorités à suivre concernant l’usage du foncier en insistant sur son souhait de « réellement développer le photovoltaïque mais il ne s’agit pas de le faire en artificialisant les terres agricoles. Les friches, terrains dégradés et toitures sont à privilégier. »

La ministre a également manifesté de l’intérêt pour l’agrivoltaïsme « il y a des pistes très intéressantes » annonce-t-elle, en regrettant l’impossibilité de faire rentrer dans le cadre de la PAC les terrains concernés, même lorsque la production agricole est priorisée sur celle d’énergie.

Face aux questions relatives aux évolutions concernant le photovoltaïque sur moyennes et grandes toitures, elle a révélé qu’une annonce serait faite dans les prochains jours, lors du Salon de l’Agriculture. Pour rappel, il y a aujourd’hui deux mécanismes de soutien différents : la réalisation d’appels d’offres pour le prix de revente de l’électricité et le tarif de rachat obligatoire fixé par arrêté. Ce dernier est plus avantageux pour les porteurs de projets, mais il est limité aux installations d’une puissance inférieure à 100 kWc (1). La mesure annoncée prochainement serait avantageuse pour le développement de cette énergie sur les toitures agricoles. Affaire à suivre donc…

À lire aussi : Biométhane : la France revoit ses ambitions à la baisse.

Gildas Baron

(1) Kilowatt-crête. C’est la puissance des panneaux photovoltaïques pour des conditions d’ensoleillement et de température standard (1 000 W/m² et 25 °C).