La France et la Bulgarie ont décidé vendredi de renforcer leur coopération bilatérale dans les secteurs agroalimentaires « pour une Pac forte », par une série d'accords et de mesures techniques, ont annoncé les ministères de l'Agriculture des deux pays dans un communiqué commun.

Lors d'une rencontre à Paris, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et son homologue bulgare, Miroslav Naydenov, ont d'abord convenu de la signature « dans les prochaines semaines » d'un protocole de coopération entre FranceAgriMer et le ministère bulgare.

Les ministres ont également décidé de renforcer leur coopération administrative et de la mise à disposition du ministère bulgare d'un expert agricole français.

Un groupe de travail sur la réforme de la Pac post-2013 sera également mis en place « afin de développer des positions communes dans le cadre des négociations européennes ».

La France et la Bulgarie, selon le communiqué, « partagent la nécessité d'une Pac forte, simple avec le maintien d'une structure en deux piliers et contribuant à la compétitivité de l'agriculture ».

Sur la répartition du budget entre Etats membres – et Paris rappelle sa volonté de voir le budget de la Pac « maintenu au moins au niveau atteint en 2013 » –, les deux pays disent aussi « privilégier une approche pragmatique pour atteindre une répartition plus équitable ».

Pour les deux pays, il est « nécessaire que le nouveau dispositif d'aides directes intègre la réalité économique des exploitations agricoles et laisse suffisamment de flexibilité et de progressivité pour permettre à chaque Etat membre de s'adapter en fonction de sa situation actuelle ».

Les deux ministres s'accordent également sur la « nécessité d'un cadre de régulation adapté, afin de donner aux producteurs les capacités de faire face à l'accroissement de la volatilité des prix, en particulier sur les marchés internationaux ».

France et Bulgarie poussent pour le maintien des instruments de marchés. Certains parmi eux peuvent être « modernisés afin de constituer un véritable filet de sécurité, en particulier pour faire face aux crises », rapporte le communiqué. Il rappelle que la Bulgarie a d'ailleurs récemment rejoint la France et treize autres Etats membres dans leur soutien au maintien des droits de plantation vitivinicoles dont la disparition est programmée au-delà de 2018.

Les ministères français et bulgare attendent que la réforme de la Pac permette de « renforcer concrètement le pouvoir de négociation des producteurs. S'agissant de la reconnaissance des organisations de producteurs, le critère d'absence de position dominante proposé par la Commission doit être revu car il va à l'encontre de cet objectif ».

« Par ailleurs, il est indispensable que les Etats membres gardent la possibilité d'attribuer des aides couplées ciblées pour certains secteurs sensibles ou régions fragiles. La proposition de la Commission est sur ce sujet une base de travail intéressante qui ne doit pas être dégradée », estiment Paris et Sofia.

En outre, la France et la Bulgarie considèrent que « le verdissement peut contribuer à renforcer la légitimité de la Pac, mais il doit être simple et incitatif et tenir compte du contexte budgétaire ». Les deux pays rappellent « les désaccords survenus au Conseil de l'Union européenne face aux chiffres, proposés par la Commission, de 30 % des aides directes destinées au verdissement et de 7 % des surfaces à réserver à des éléments d'intérêt écologique ».

Enfin, les deux ministres ont souligné l'importance à leurs yeux d'une politique de développement rural efficace. Ils se disent rester, à ce titre, « très attentifs à la révision proposée par la Commission du zonage des zones défavorisées simples ».