Si une partie de la filière équine se félicite d’avoir pour la première fois accès aux aides de la Pac (aides directes, MAEC), certains petits éleveurs, très diversifiés et propriétaires de centres équestres grincent des dents. Jusqu’en 2014, ils percevaient des DPU et aujourd’hui, ils n’ont pas droit aux DPB. « Cette réforme est un vrai scandale, a souligné Pascal Cadiou, président du Stud-book Selle Français. Des bénéficiaires historiques des aides découplées n’ont pas droit au DPB parce que des critères d’éligibilité ont été mis en place spécifiquement (NDLR. pour éviter les abus). Résultat, ils doivent même rembourser l’ATR (apport de trésorerie) perçu en 2015 ! »

Pour cet agriculteur, producteur de céréales et éleveur de chevaux, la situation ne peut perdurer d’autant que « c’est la deuxième spoliation ». Déjà en 2003, la profession avait pâti de la mise en place des DPU… Et en 2014, la filière a pris de plein fouet la hausse de la TVA de 2,5 et 5 % à 20 % à la suite d’une décision de la Cour de justice européenne et « une mauvaise négociation de la France ».

« On meurt à petit feu », a déclaré Dominique de Bellaigue, président de la Société LeTROT au Sénat le 6 octobre, à l’occasion de la signature d’une déclaration commune qui doit être envoyée à Bruxelles afin de mettre en place une « véritable politique équine ».

Le plus petit troupeau agricole

Les représentants des grandes institutions de la filière équine française se sont réunis ce jeudi pour la première fois afin de parler d’une seule voix et se faire entendre auprès de l’Europe, sa Commission, son Parlement et son Conseil.

« Avec un cheptel de plus de 7 millions de têtes, le cheval est le plus petit troupeau agricole. Pourtant, il permet de maintenir une activité économique sur les territoires et quelque 180 000 emplois directs, souvent non délocalisables », a souligné Dominique de Bellaigue. Pour la filière, cela ne fait aucun doute, le cheval répond pleinement aux objectifs de la politique européenne de développement rural (deuxième pilier de la Pac). Il a aussi souvent besoin des aides aux revenus du premier pilier, assurent les éleveurs.

La filière équine souhaite être mieux prise en considération au-delà de l’agriculture, dans les politiques européennes de santé, de sport ou de jeux et paris.

Arielle Delest