La Pac 2014-2020 devra être plus écologique, mais sans renoncer à sa vocation première, la production de denrées agricoles, fait valoir le Parlement européen.

La sécurité alimentaire doit rester le principal objectif de l'agriculture de l'UE, ont insisté nombre d'eurodéputés à l'occasion d'un groupe de travail sur le verdissement de Pac réuni, le lundi 19 mars 2012, à l'initiative de la commission de l'agriculture du Parlement européen. La future Pac doit garantir la production d'une quantité suffisante de biens alimentaires sans dégrader l'environnement, résume celle-ci dans un communiqué diffusé mercredi.

Un débat s'est engagé sur l'inclusion, dans le premier pilier de la Pac (aides directes et gestion des marchés), des mesures de verdissement préconisées dans le projet de la Commission européenne. Albert Dess (PPE, Allemagne), rapporteur du texte au Parlement européen, a par exemple observé que les mesures agroenvironnementales fonctionnent « parfaitement » en Autriche, en Bavière ou en Italie dans le cadre du deuxième pilier de la Pac (développement rural).

La jachère écologique sur 7 % des terres arables, proposée par la Commission européenne, a été beaucoup débattue également, de même que les mérites respectifs de la diversification des productions ou de la rotation de l'assolement. Une évaluation détaillée des différentes options a été demandée à la Commission européenne.

Des interrogations se sont également exprimées quant à la conformité des soutiens couplés en faveur de l'agriculture biologique au regard des règles de l'OMC (Organisation mondiale du commerce).

La commission de l'agriculture du Parlement européen poursuivra, le 27 mars 2012, ses travaux sur la réforme de la Pac.

De son côté, la commission de l'environnement du Parlement européen, réunie le mercredi 21 mars, a adopté une résolution estimant que la Stratégie biodiversité 2020 (publiée en mai 2011 par la Commission européen) « a besoin d'une Pac plus verte ».

Dans un communiqué, elle fait valoir que la Pac n'a pas pour seule vocation de produire des biens alimentaires et de contribuer au développement rural, mais qu'elle doit aussi contribuer au maintien de la biodiversité. Estimant que les mesures agroenvironnementales actuelles ont largement échoué à freiner le déclin de la biodiversité, elle demande que la Pac soit « redirigée » vers des compensations pour les agriculteurs qui délivrent des biens publics.

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B.Co.