La commission de l'agriculture du Parlement européen a accueilli différents intervenants lors d'une audition publique, mercredi, afin de « contribuer à forger l'opinion des députés sur l'avenir de la Pac après 2013 ».

L'équité des paiements directs et la gestion des marchés ont figuré parmi les principales questions débattues.

Ces auditions sont menées par les eurodéputés « en vue des prochaines propositions législatives » pour la Pac après 2013 « pour lesquelles ils disposeront des pleins pouvoirs législatifs », explique un communiqué du Parlement européen .

Le rapporteur du Parlement pour la réforme de la Pac, Albert Dess (Parti populaire européen, Allemagne), a déclaré que la nouvelle politique doit « assurer une répartition objective et satisfaisante des paiements directs », réduire les formalités administratives et faire preuve d'un « niveau élevé de flexibilité pour tenir compte des différences entre les États membres » et entre les marchés locaux et régionaux de l'UE.

« Les paiements directs représentent la question clé de la réforme à venir », a estimé Luis Capoulas Santos (socialistes et démocrates, Portugal), demandant si l'emploi et l'environnement seraient des critères de répartition des aides.

José Bové a, quant à lui, interrogé sur les mesures à prendre afin d'assurer que les agriculteurs ne soient pas payés à un niveau inférieur aux coûts de production.

La création d'emplois devrait figurer parmi les critères d'attribution des paiements directs, a déclaré Arnd Spahn, de la Fédération européenne des syndicats de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme (EFFAT).

Michael Dower, au nom d'ARC 2020, un groupe d'ONG agricoles et environnementales, a prôné l'abandon du critère historique de distribution de l'aide et son remplacement par le pouvoir d'achat national.

Sur le plafonnement des aides, proposé par la Commission européenne, les avis des intervenants ont été divergents. Geneviève Savigny, porte-parole de Via Campesina, a déclaré que « le plafonnement est indispensable pour justifier une telle concentration des ressources publiques ».

Padraig Walshe, président du Copa (organisations agricoles de l'UE) s'est montré en désaccord, estimant qu'avec des paiements limités, il serait « impossible d'atteindre des normes plus élevées ».

Concernant la gestion des marchés, « tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité de doter la future Pac d'un système de filets de sécurité ».

Plusieurs eurodéputés ont estimé que les normes européennes (bien-être animal, environnement, etc.) « devraient être rigoureusement imposées à toute marchandise importée en provenance de pays tiers ».

Pour les outils de gestion des risques, Iratxe García Pérez (socialistes et démocrates, Espagne), a proposé d'introduire un mécanisme de réaction rapide pour faire face à des crises telles que celle du lait ou les récentes fluctuations des prix du bétail.