À l’occasion du deuxième « Entretien de l’Observatoire », organisé le 26 octobre à Paris par l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, Marie Carlier, de l’Institut de l’élevage, a présenté l’étude « Où va l’agneau ? » destinée à éclairer les différents marchés pour les produits ovins.

La France souffre d’un très fort déficit en viande ovine, qui s’est développé depuis les années 1980. Elle l’a compensé en important de plus en plus : sur les 178 000 tec consommées en 2014, seulement 78 000 étaient hexagonales.

Deux tiers des viandes importées

En grande surface, qui écoule 55 % des volumes, deux tiers des viandes ovines proviennent désormais de l’UE et de la Nouvelle-Zélande. L’agneau français standard entre alors en concurrence avec ces viandes moins chères, et souvent déjà découpées (systématique pour la viande néo-zélandaise). Néanmoins, la viande française a encore toute sa place en haut de gamme, dans les rayons « Tradition » et le cœur de gamme.

Du piécé et du prêt à l’emploi

En restauration hors domicile (RHD), la contrainte prix est très forte, en particulier pour la restauration collective. L’agneau français, plus cher, est en difficulté sur ce segment. De plus, « l’offre française est peu adaptée aux besoins de la RHD », souligne Marie Carlier. Cette dernière recherche du piécé et du prêt à l’emploi (des morceaux en partie travaillés, cuits, calibrés et réguliers), alors que l’offre française est essentiellement sous forme de carcasse. La GMS demande elle aussi davantage de produits travaillés. La filière française doit donc réfléchir à adapter son offre à ces exigences.

E.C.