L214 change de terrain de jeu. Plutôt que de voler des images dans un abattoir du numéro un français de l’abattage, l’association annonce avoir assigné en justice le groupe Bigard Socopa Charal. Pour quelle raison ? Pour non-publication par l’abatteur de ses comptes. Dans son communiqué de presse diffusé ce mardi 3 septembre 2019, L214 précise même le calendrier des audiences :

  • Le 5 septembre au tribunal de commerce de Quimper pour les sociétés Groupe Bigard et autres ;
  • Le 10 septembre au tribunal de commerce d’Angers pour la société Charal ;
  • Le 25 septembre au tribunal de commerce de Créteil pour la société financière Bigard.

Une plainte à quatre mains

Cette plainte, l’association explique l’avoir déposée avec la journaliste Inès Léraud, auteure de l’ouvrage « Algues vertes, l’histoire interdite », le lanceur d’alerte Pierre Hinard, auteur du livre « Omerta sur la viande » et l’association Lanceur d’alerte, représentée par Alexandre et Maxime Renahy, les auteurs de « Là où est l’argent ».

« Il est extrêmement difficile d’obtenir des images des conditions de mise à mort des animaux dans les abattoirs, nous n’y sommes d’ailleurs parvenus qu’une seule fois chez Charal, explique Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. Pour Bigard Socopa Charal, cette opacité revendiquée s’étend également aux comptes. »

« Ni les parlementaires, ni le ministre de l’Agriculture n’ont pu contraindre le groupe à se conformer à la loi, affirme-t-elle. Nous demandons au tribunal de commerce de faire respecter la loi et d’enjoindre ce groupe à publier ses comptes. » Et nul doute que L214 donnera l’exemple en levant le voile sur toutes ses sources de financement.

E.R.