Le président du comité de négociations sur l'agriculture à l'OMC, Crawford Falconer, a annoncé que les pays membres allaient tenter de donner «une forte impulsion» aux discussions sur la libéralisation commerciale, «d'ici à la fin du mois».

L'objectif est de tenir au 31 mars, au plus tard, une nouvelle réunion multilatérale, pour faire le point sur les progrès réalisés, dans la perspective d'un nouveau projet de texte sur l'agriculture.

Dans le projet de texte publié au début de février, de nombreuses questions techniques restent à résoudre. Par exemple, pour les produits sensibles qui seront soumis à une moindre réduction des droits de douane mais pour lesquels des contingents d'importation devront être accordés: les pays membres doivent se mettre d'accord sur le choix des données concernant la consommation de ces produits et qui serviront au calcul des contingents d'importation.

Les négociations devraient ensuite rentrer dans un processus horizontal, dans lequel les principaux domaines (agriculture, industrie, service...) du cycle de Doha seraient discutés en même temps.

L'Union européenne est favorable à une accélération des pourparlers à Genève afin d'aboutir à un accord sur les modalités (règles de diminution des subventions, de réduction des barrières douanières...) en avril.

De son côté, Michel Barnier s'est demandé lundi s'il ne faudrait pas à terme sortir l'agriculture de l'OMC, compte tenu de la spécificité de l'alimentation et du blocage actuel des négociations.

«De facto, s'il n'y a pas d'accord en mai ou juin» dans les difficiles tractations en cours sur la libéralisation des échanges mondiaux à l'OMC, «il y aura une pause», compte tenu de la proximité des élections aux Etats-Unis cet automne, «et cela veut dire qu'on reprendra peut-être le cycle sous une autre forme» ultérieurement, a-t-il déclaré à Bruxelles après une réunion avec ses collègues européens.

«A titre personnel, la question que je me pose est: est-ce que l'OMC est bien le lieu pour discuter des questions liées à l'agriculture et l'alimentation?», s'est-il interrogé.

«On peut imaginer qu'il puisse y avoir d'autres lieux spécifiques à l'alimentation et à l'agriculture, compte tenu de la spécificité de ce secteur qui n'est pas assimilable aux machines-outils, aux services. Mais pour l'instant nous sommes dans le cadre de négociations (à l'OMC) que nous avons acceptées et qui sont très difficiles», a-t-il ajouté.

Il n'a pas donné plus de détails sur les forums qui à son avis pourrait accueillir des négociations commerciales spécifiquement consacrées à l'agriculture.

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