La Coordination rurale, par la plume de son président, Bernard Lannes, demande des comptes à la FNSEA sur l'affaire des OGM à Paris, révélée par le site australien Wikileaks.

Lafranceagricole.fr avait retranscrit, le 30 décembre 2011, le contenu (en anglais) d'un câble diplomatique envoyé par l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris, à son autorité de tutelle, à Washington.

Dans cette note diplomatique datant du 14 décembre 2007, et rendue publique par Wikileaks à la fin de l'année 2010, l'ambassadeur américain expose à son gouvernement l'intérêt qu'auraient les Etats-Unis à mettre en place une sorte d'embargo commercial, sous forme d'une « liste de représailles » contre des produits européens – et français en particulier – afin de tenter de faire basculer la position anti-OGM sur le vieux continent.

« Les partisans des OGM en France – y compris au sein du syndicat agricole (sic) – nous ont dit que les représailles sont la seule façon » d'envisager un retournement de la position française, leader d'opinion sur le sujet en Europe, assurait l'ambassadeur de l'époque.

« Nous savons que, vu de l'étranger, l'expression "le syndicat agricole" désigne l'organisation que vous présidez, écrit B. Lannes, à son homologue à la FNSEA, Xavier Beulin, puisque vous prétendez représenter la quasi-totalité des agriculteurs français. »

Pour le président de la Coordination rurale, ces informations « accréditent l'idée selon laquelle un membre de (la FNSEA) aurait recommandé au représentant des Etats-Unis en France de faire prendre par son pays des mesures de rétorsion contre certains de nos produits français ».

Et d'insister : « Cette information jette le discrédit sur notre profession soupçonnée de trahir les intérêts nationaux pour satisfaire des intérêts particuliers de firmes ou de coopératives qui souhaitent pouvoir tirer profit et pouvoir du développement des OGM, au mépris de la volonté des producteurs comme des consommateurs. »

B. Lannes demande en conséquence à X. Beulin de « communiquer de manière très claire sur ces faits. Chacun doit savoir quel est le syndicat agricole français qui a pu tenir ce langage auprès de l'ambassade des Etats-Unis ».

Le président de la Coordination rurale n'avait pas manqué auparavant de souligner que parmi les trois principaux syndicats agricoles représentatifs en France, ni la Coordination rurale, ni la Confédération paysanne ne pouvaient être taxés de soutenir le développement des OGM.

A défaut d'une communication de la FNSEA sur cette affaire, « nous serons amenés à considérer votre silence comme la reconnaissance de votre réelle implication dans cette démarche scandaleuse », prévient B. Lannes.

Pour sa part, la Confédération paysanne, souligne que « la collusion entre les firmes semencières et le syndicat agricole comme le dit Wikileaks est de plus en plus patente ». « Pour l'intérêt de qui? Celui des paysans ou celui des firmes multinationales ? », s'interroge le syndicat.

A la FNSEA, on fait remarquer que le nom du syndicat n'est pas cité et que « personne n'a jamais été mandaté pour intervenir ». « C'est une rumeur (...) La FNSEA n'a rien à voir avec ça », ajoute-t-on.

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B.V.