La promesse du gouvernement de demander une nouvelle clause de sauvegarde à Bruxelles pour interdire la culture du maïs génétiquement modifiée Mon 810 de Monsanto est « dictée » par « les contingences électorales », selon les défenseurs des biotechnologies qui prédisent que cette démarche est « vouée à l'échec ».

« Si les pouvoirs publics s'entêtaient à s'engager dans de nouvelles procédures juridico-médiatiques pour interdire une nouvelle fois cette culture, cela ne pourrait se justifier que pour des raisons purement politiques », estime mardi l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV) dans un communiqué.

Le gouvernement sera, selon l'AFBV, dans « l'incapacité de présenter des justifications scientifiques nouvelles susceptibles de légitimer juridiquement la mise en oeuvre de cette nouvelle clause de sauvegarde » pour le maïs en question.

Dans une lettre aux ministres concernés (Ecologie, Agriculture, Santé, Recherche), l'association indique qu'on « ne peut à la fois souhaiter une baisse de la consommation de produits phytosanitaires et interdire des variétés de maïs résistantes à des insectes ». La lettre présente les conclusions d'un document de synthèse qui montre que « dans le cas des maïs qui expriment une toxine Cry1Ab, l'ensemble des études dont nous disposons aujourd'hui ne révèle aucun effet nouveau sur l'environnement et il n'existe pas plus de preuves de risques dans le domaine de la santé ».

Mais les opposants aux OGM ne désarment pas. Le vendredi 13 janvier 2012, l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), la Confédération paysanne et les Faucheurs volontaires se rendront au ministère de l'Ecologie pour obtenir une « interdiction sans délai » des semences de maïs OGM.

Dans une pétition adressée notamment au président de la République, les signataires estiment que la rencontre du 13 janvier doit être l'occasion d'annoncer cette décision et soulignent qu'ils sauront « tirer les conséquences lors des prochaines échéances électorales ». Les apiculteurs s'alarment du risque que leur miel soit contaminé par le maïs OGM et soit déclaré impropre à la consommation humaine selon les normes européennes.

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I.E.