Le chercheur en génétique, Marc Fellous, a été condamné, mardi, par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir diffamé Gilles-Eric Séralini, un autre spécialiste de la génétique, en affirmant que ses recherches étaient financées par Greenpeace.

Le 21 janvier 2010, au cours de l'émission Santé Magazine sur France 5, Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen et président du conseil scientifique du Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), avait évoqué l'étude qu'il avait menée sur la comparaison des effets sur la santé des mammifères de trois variétés de maïs génétiquement modifiés.

Le président de l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), Marc Fellous, avait alors adressé un premier courrier aux responsables de l'émission et un second au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Il y dénonçait notamment le « parti-pris » anti-OGM de l'émission et critiquait les propos « d'activistes » de Gilles-Eric Séralini, « chercheur avant tout militant anti-OGM qui se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace ».

Le 31 janvier, l'AFBV avait publié ces deux lettres sur son site. Gilles-Eric Séralini avait alors décidé de porter plainte pour diffamation.

Dans un jugement rendu mardi, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a estimé que l'imputation faite au chercheur caennais « d'avoir failli à son obligation de probité intellectuelle en raison de sa dépendance à l'égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux » était bien diffamatoire. Pour le tribunal, Marc Fellous a « manqué de prudence » en tenant de tels propos.

A ce titre, elle a condamné le biologiste à 1.000 euros d'amende, assortie du sursis, ainsi qu'à un euro de dommages et intérêts qu'il devra verser à Gilles-Eric Séralini.

En revanche, le tribunal a estimé que les autres propos poursuivis n'étaient pas diffamatoires, mais relevaient « du débat scientifique ».

Prenant acte de la décision du tribunal, l'AFBV « constate que seul a été considéré comme diffamatoire le fait d'avoir contesté l'indépendance de Gilles Eric Seralini », indique-t-elle sans un communiqué. Elle se réserve la possibilité de faire appel du jugement.

L'organisation affirme qu'elle « poursuivra ses efforts d'instauration d'un débat public serein et sérieux sur les questions de biotechnologies végétales » qui constituent une question « stratégique pour l'avenir de l'agriculture en Europe ».