Le directeur général de Limagrain, Daniel Chéron, a poussé lundi «un cri d'alarme» après la destruction d'un essai de maïs OGM à Malintrat (Puy-de-Dôme), mené par sa filiale Biogemma.

«Je souhaite pousser un cri d'alarme dans la mesure où nos destructions d'essais perdurent depuis sept ans», a déclaré Daniel Chéron. «Dans ces conditions, nous ne pouvons pas mener nos recherches correctement», a-t-il affirmé.

«Limagrain est capable de ne plus faire de recherche en France si c'est nécessaire», a souligné M. Chéron en précisant que 60% des 1.300 chercheurs de Limagrain sont aujourd'hui en France: «Dans dix ans, j'imagine que sur 2.500 chercheurs, il y en aura 80% qui travailleront à l'étranger.»

M. Chéron a mis en garde contre «un risque majeur de transfert de valeur ajoutée, compte tenu de la dépendance dans laquelle l'agriculture française va se trouver». «Dans dix ans, si on n'y prend pas garde, toutes les technologies de l'agriculture risquent d'être sous dépendance américaine, chinoise ou indienne», a-t-il estimé.

La destruction d'une parcelle de maïs transgénique à Malintrat a été découverte samedi matin par les gendarmes dans le cadre de leurs patrouilles de surveillance. Une autre parcelle, de production de semence «base», a également été détruite par des inconnus qui ont pris la fuite. Aucune interpellation n'avait été effectuée lundi soir, selon le parquet de Clermont-Ferrand, qui a ouvert une enquête.

Près d'une trentaine d'essais menés par Biogemma depuis 2000 ont été détruits à travers toute la France, a souligné M. Chéron. La société conduit en 2007 deux autres essais dans le Tarn-et-Garonne et le Gers.