Des associations anti-OGM (Amis de la Terre, Attac, Fnab, Confédération paysanne, ...) ont demandé mardi au président Nicolas Sarkozy la mise en place d'un moratoire sur les cultures d'OGM, et appelé à être reçues dans les prochains jours à l'Elysée, dans une lettre adressée au chef de l'Etat.

La législation française sur les OGM laisse «les paysans seuls face à d'autres paysans et les consommateurs face aux opérateurs», estiment les associations regroupées sous «l'appel d'Orléans».

«La contamination aura des conséquences économiques catastrophiques pour notre agriculture», affirment les signataires de la lettre, appelant M. Sarkozy à ne «pas laisser une petite minorité d'agriculteurs installer dans les campagnes une guerre entre paysans».

Les associations demandent au président d'actionner «immédiatement la clause de sauvegarde prévue à l'article 23 de la directive européenne 2001/08», permettant d'instaurer un moratoire sur les OGM.

Durant la campagne présidentielle, M. Sarkozy avait refusé «que la question des OGM soit réglée dans l'urgence» et sous la pression des «ultimatums».

Par ailleurs, le tribunal correctionnel de Toulouse a relaxé mardi quatre «glaneurs volontaires» poursuivis par la société semencière Pioneer pour «vol et recel» de maïs transgénique sur une de ses parcelles à Menville (Haute-Garonne).

Lors de l'audience le 22 mai, le procureur n'avait requis aucune peine à l'encontre des quatre «glaneurs»: deux conseillers municipaux toulousains, François Simon (gauche alternative) et Pierre Labeyrie (Verts), le maire de Bax (Haute-Garonne) Philippe Bedel qui avait pris un arrêté anti-OGM dans sa commune, et Christopher Reeve (Confédération paysanne).

Le tribunal a par ailleurs condamné la société Pioneer à verser 1.500 euros de dommages et intérêts à Pierre Labeyrie, son avocate Bérangère Froger ayant plaidé lors de l'audience «l'honneur bafoué» de son client. L'avocat de la société Pioneer Jean de Cesseau n'a pas fait savoir si son client allait faire appel de la décision.

«Aujourd'hui la justice nous a donné raison, et nous allons continuer à nous battre pour ne pas qu'il y ait d'OGM en plein champ, et pour obtenir un moratoire», a déclaré François Simon à l'issue du délibéré.