Valorisant des déchets agroalimentaires organiques en protéine, telle est l’ambition que se s’est donné NextAlim. Depuis, 2018, sur son site de Poitiers, elle transforme des fruits et légumes déclassés, des issues de céréales et des déchets et coproduits de l’agroalimentaire en farine et huile d’insecte. Cette production est destinée principalement au marché de l’aliment piscicole et à l’alimentation des chiens et chats.

Un processus novateur

« Les larves d’insecte utilisées sont saprophages », explique Yann Priou, directeur du développement de NextAlim. « Naturellement, elles consomment des matières en décomposition. » Leur biologie génère une capacité de résistance très importante à la moisissure, ce qui en fait un atout intéressant pour le recyclage de certains déchets. De plus, elles ont une grande productivité sur une surface très restreinte.

S’associer avec une coopérative agricole

Cette entreprise s’est associée avec la coopérative Natup pour étudier la faisabilité de monter une deuxième unité en Normandie.

Les synergies entre les deux entités sont multiples. Tout d’abord, « qui mieux qu’une coopérative agricole peut nous fournir la matière première dont nous avons besoin ? », explique Yann Priou.

Mais les deux entreprises veulent aller plus loin. Le process d’élevage des insectes génère aussi des anthomofertilisants, résidus de la digestion de la « soupe » par les insectes. « Cette substance a une valeur fertilisante intéressante que nous testons sur plusieurs cultures et qui pourrait intéresser les agriculteurs », complète le responsable développement.

Le projet n’en est encore qu’à sa phase d’étude mais la nouvelle usine pourrait probablement voir le jour à la fin de l’année 2020 ou au début de l’année 2021.

Cet élevage permettrait de produire entre 10 000 et 15 000 tonnes de larves d’insectes par an – en l’occurrence la mouche Hermetia illucens – et de créer de 20 à 40 emplois en territoire

rural.

R.H.