Science et Vie publie dans son édition d'octobre 2012 (sortie mercredi en kiosque) une enquête de six pages qui réhabilite les nitrates sur le plan de la santé, constatant que les dernières études médicales sorties démontrent toutes des bénéfices.

« Il semble que, désormais, la comparaison entre les risques et les bénéfices d'une consommation de nitrates tourne nettement... à l'avantage de ces derniers », écrit le mensuel.

L'article cite notamment les travaux de médecins travaillant dans des établissements à la réputation solidement établie comme le Karolinska Institute en Suède, l'Université d'Exeter (Grande-Bretagne) ou le Texas Therapeutic Institute.

Une infographie détaille les trois principaux effets bénéfiques des nitrates : action antiseptique, muscles plus endurants, et renforcement du système cardiovasculaire. La pierre angulaire de cet effet bienfaiteur est l'oxyde nitrique (NO) qui se forme dans l'organisme une fois les nitrates réduits en nitrites.

Le mensuel revient sur la genèse de la mauvaise réputation des nitrates qui est liée à des travaux publiés... en 1945 par un pédiatre de l'Iowa. Ceux-ci imputaient la survenue de la maladie bleue du nourrisson à la présence de nitrates. Or, il a été établi depuis qu'« une eau riche en nitrates n'est dangereuse que si elle contient des germes. C'est le cocktail nitrates-bactéries qui présente un danger pour le nouveau-né, pas les nitrates seuls ».

Autrement dit, avec les mesures d'hygiène actuelles, on n'a plus ce risque qui n'est propre qu'aux nourrissons de moins de six mois. L'article relativise également le risque d'effet cancérogène en faisant observer que les régimes à base de légumes riches en nitrates sont protecteurs, en particulier vis-à-vis du cancer de l'estomac.

L'enquête enfonce le clou en faisant remarquer que certains légumes, dont les autorités recommandent à juste titre la consommation, sont extrêmement chargés en nitrates : « jusqu'à 250 mg par portion de 50 g », ce qui est en « contradiction flagrante » avec une autre recommandation sanitaire qui est de ne pas dépasser un apport en nitrates de 3,7 mg/j /kg, soit 222 mg pour un adulte de 60 kg.

« Pourquoi, dans ces conditions, ne pas organiser une réévaluation de la dose journalière admissible et le seuil de potabilité de l'eau de robinet ? », ose écrire le mensuel qui n'a pas hésité à titrer « Nitrates : attention, ils sont bons pour la santé » et à faire figurer le sujet en accroche sur sa Une.

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Ph.P.