Le Monde, Libération, Franceinfo, et même un média néerlandais : de nombreuses rédactions ont dépêché leurs journalistes à Rochefort le 4 juillet pour suivre l’étonnant procès opposant Corinne Fesseau, propriétaire de Maurice, et les Biron, un couple de retraités possédant une résidence secondaire juste à côté de celle de Mme Fesseau.

« Je n’en peux plus, ça fait deux ans que ça dure… Il faut que ça s’arrête », a lâché Mme Fesseau à Libération. Son avocat, dans les colonnes du Monde, cette fois, demande lui aussi une résolution rapide de ce conflit de voisinage. « C’est une affaire qui doit se résoudre à l’apéro, pas devant vous, Mme la présidente », aurait-il déclaré à la juge en charge de l’affaire. Le jugement devrait être rendu le 5 septembre prochain.

« Mettez des boules Quies ! »

« La chambre des Biron est située à deux mètres du poulailler », a assuré à Franceinfo l’avocat des Biron, Vincent Huberdeau. Et Maurice réveillerait donc tous les jours les Biron entre 6 et 7 heures. Or les retraités ne viennent à Oléron qu’avec l’espoir de se reposer.

Corinne Fesseau et son mari ont d’abord répondu patiemment aux sollicitations des Biron à propos des vocalises de Maurice, allant jusqu’à isoler le poulailler. Puis, fatigués, ils leur ont conseillé d’acheter des boules Quies. Vexés par le durcissement du ton, les Biron ont donc entamé les démarches légales au printemps 2017.

Aujourd’hui le coq, demain les mouettes

« J’ai un constat d’huissier qui prouve que le coq chante tous les matins ! », a affirmé l’avocat des Biron, Maître Huberdeau lors de l’audience. Il a refusé l’argument avancé par la partie adverse concernant le caractère rural de la commune, arguant que le lotissement où les faits se déroulent est proche de grandes surfaces, et d’une caserne de gendarmes.

Pour Corinne Fesseau et son avocat, il s’agit pourtant bien d’un problème typique des campagnes vers lesquelles d’anciens urbains se pressent sans prendre connaissance de leurs réalités. Une situation conflictuelle qui présente des difficultés pour bien d’autres exploitants, dont certains sont même venus apporter leur soutien à Maurice et sa propriétaire lors de l’audience.

Christophe Sueur, le maire de Saint-Pierre-d’Oléron, a lui aussi pris position en faveur de Maurice, par un arrêté visant à « préserver les modes de vie liés à la campagne ». Il ne décolère pas, comme il l’a confié à Franceinfo : « Aujourd’hui, c’est un coq, demain ce sera quoi ? Les mouettes, le bruit du vent, notre accent ? »

Ivan Logvenoff