L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) dénonce l’incohérence de l’action publique sur le sujet des insecticides de la famille des néonicotinoïdes et demande instamment le refus des deux nouvelles autorisations de mise sur le marché (AMM).

« Alors que le législateur français a reconnu que les néonicotinoïdes représentent un danger pour les abeilles, la biodiversité et la santé humaine au point de décider de les interdire en 2018 (avec des dérogations possibles jusqu’à 2020), l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) organise jusqu’au 5 septembre une consultation sur deux projets d’autorisation de pesticides à base de néonicotinoïdes », informe le syndicat apicole.

Ces deux dossiers concernent le renouvellement de l’AMM du Gaucho 350 sur céréales à paille (traitement de semences à base d’imidaclopride) et l’extension de son usage pour de nouveaux ravageurs, ainsi que l’autorisation de Gaucho Néo sur céréales à paille (traitement de semences constitué d’un mélange d’imidaclopride et de fongicide).

« Crédibilité des pouvoirs publics vis-à-vis de nos concitoyens »

Parmi d’autres critiques que l’Unaf adressera dans sa réponse à la consultation, le syndicat s’interroge : « Comment l’Anses peut-elle fermer les yeux sur l’exceptionnelle rémanence de l’imidaclopride et les données les plus récentes issues de la recherche française sur le sujet ? »

« Au regard de l’accumulation des études sur les impacts gravissimes des néonicotinoïdes, et après le vif débat démocratique qui a abouti à leur interdiction à partir de 2018, il est incompréhensible que l’Anses puisse avoir l’intention d’autoriser ces deux pesticides ! Les deux autorisations doivent être refusées : il y va de la crédibilité des pouvoirs publics vis-à-vis de nos concitoyens, qui se sont mobilisés de manière exceptionnelle pour demander l’interdiction des néonicotinoïdes », appuie Gilles Lanio, président de l’Unaf.

C.F.