Des chercheurs ont mené en Suisse une étude sur les effets de l’exposition aux néonicotinoïdes sur les mâles abeilles. Ils ont nourri deux groupes d’abeilles avec des repas (pollen, miel et sucre) avec ou sans néonicotinoïdes (thiaméthoxam et clothianidine) à des quantités correspondant à celles que les abeilles trouvent dans le pollen dans une situation réelle.

Après leur émergence, les mâles des couvains élevés par les abeilles exposées aux deux insecticides et ceux des ruches recevant des repas sans néonicotinoïdes (ou « témoins ») ont été étudiés en laboratoire. Ils ont été pesés à l’émergence puis, à leur maturité sexuelle leur sperme a été analysé.

Moins de spermatozoïdes vivants

Le poids et la quantité de sperme des mâles abeilles (ou faux-bourdons) « avec néonicotinoïdes » sont similaires à ceux des faux-bourdons « témoins ». En revanche, en regardant le sperme de plus près, les chercheurs ont observé que la qualité du sperme était détériorée chez les faux-bourdons ayant été élevés par des abeilles exposées aux néonicotinoïdes. Chez eux, les spermatozoïdes vivants, déjà moins nombreux que chez les faux-bourdons « témoins » (–39 %), ont une moins bonne viabilité.

La reproduction des abeilles impactée

Chez les abeilles, les reines s’accouplent pendant une durée brève avec de nombreux mâles, avant de stocker le sperme pour le reste de leur vie fertile. La baisse de la qualité du sperme pourrait ainsi être un des facteurs expliquant le syndrome d’effondrement des colonies qui est observé dans l’hémisphère Nord.

Autres études

Dans leur étude, les auteurs indiquent que la production de sperme par les abeilles mâles est affectée par les acaricides utilisés dans le cadre de la lutte contre le varroa, acarien parasite des abeilles. Ils renvoient aussi à une autre étude, publiée en 2015, qui montre que les reines abeilles ont plus de mal à pondre et à survivre quand elles sont exposées au thiaméthoxam et à la clothianidine.

A. Cas. avec l’AFP