Réunis mercredi lors d’une conférence organisée par le magazine spécialisé LSA, les acteurs de ces négociations annuelles ont démontré une fois encore qu’ils avaient du mal à s’entendre.

« 2020 sera une année charnière pour les négociations commerciales, personne ne le contestera », a lancé en introduction l’avocat Jean-Christophe Le Grall, spécialisé dans le droit de la concurrence, de la distribution et de la consommation, en mettant en avant la nécessité d’« une plus grande contractualisation », filière par filière, pour aller vers plus d’apaisement.

Des sanctions contre les promotions

Cette méthode, voulue l’an dernier par le président Macron, « doit irriguer toute la relation, de la production à la distribution, en passant par la transformation », a-t-il insisté.

Or, elle n’est pas encore la norme, même si nombre de distributeurs ont mis en place des contrats tripartites, notamment dans le lait, permettant en théorie de mieux prendre en compte les coûts de production des éleveurs.

« Non, nous ne sommes pas en année charnière mais en année II », a répliqué Richard Girardot, le président de l’Ania (industries alimentaires), qui a pour sa part vivement critiqué les promotions tous azimuts que les distributeurs ont poursuivies, malgré leur encadrement par la loi, estimant qu’il fallait des sanctions.

La compétitivité avant tout

« Nous voulons entrer dans la coconstruction avec nos fournisseurs et mener ces négociations dans un souci de discernement avec les PME/TPE : nous accepterons par exemple les hausses du prix du porc », a pour sa part annoncé Jean-Denis Deweine, le directeur général d’Auchan Retail.

Mais « la compétitivité prix restera un impératif chez Auchan », tout en précisant qu’il resterait « attentif à une juste rémunération des agriculteurs ».

Producteurs déçus

Un vœu pieu qui a eu tendance à crisper Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, qui a rappelé combien la loi sur l’alimentation avait apporté « énormément d’espoir » chez les agriculteurs.

« Soyons clairs : sur le secteur laitier, il y a eu des avancées et je les salue », a-t-elle souligné. « En revanche, du côté des MDD (marques de distributeur) », Mme Lambert a déploré que, malgré la montée en gamme de ces produits, les prix aient baissé : « Les producteurs ont l’impression d’avoir été trompés et on ne pourra être déçus deux ans de suite », a-t-elle lancé.

Avec l’AFP