Le samedi 22 février 2020, le président de la République a interrompu sa déambulation dans les allées du Salon international de l’agriculture pour déjeuner avec les représentants des interprofessions. Pendant plus de 2 heures, il a échangé avec les professionnels sur les problématiques des différentes filières. Les États-généraux de l’alimentation et les négociations commerciales ont été largement évoqués.

Un soutien essentiel pour les éleveurs

Thierry Roquefeuil, président du Cniel (interprofession laitière), raconte qu’Emmanuel Macron a souligné que des choses positives ont été faites ces deux dernières années, notamment sur la lisibilité par le consommateur de la rémunération des producteurs. Sur ce sujet, « la filière laitière a été citée en bon exemple », se félicite-t-il.

Du côté de la viande bovine, Bruno Dufayet, président de la FNB (Fédération nationale bovine), s’est senti épaulé par le président de la République sur la question de l’organisation de la filière afin de rééquilibrer les rapports de force lors des négociations commerciales.

« C’est quelque chose d’important pour nous d’avoir le soutien du président de la République ; cela veut dire que derrière, on a aussi la machine administrative qui peut venir nous aider, qui peut nous accompagner », poursuit le président de la FNB.

Les professionnels attendent plus de concret

Autre attente notable des interprofessions sur ce sujet : la mise en place d’un dispositif juridique afin d’encadrer les discussions qui se déroulent dans le cadre des négociations commerciales.

« Pour aller vers la montée en gamme, il faut discuter dans les interprofessions, explique Guillaume Roué, président d’Inaporc. Il faut que ces discussions ne soient pas attaquables par les autorités de la concurrence française et européenne. » Il regrette que le président de la République n’ait apporté aucune réponse concrète à cette question mais il pense que cette attente a été entendue.

Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol (interprofession de la volaille de chair), rappelle de son côté que le cœur de gamme ne doit pas être laissé pour compte au profit de la montée en gamme.

Face au message d’optimisme du président sur la question des négociations commerciales Bruno Dufayet dit tout de même ne pas être dupe. « L’optimisme c’est simple, la vraie vie c’est autre chose. Et pour l’instant les États-généraux dans notre filière n’ont pas apporté de résultats suffisants, même quasiment aucun résultat au niveau de la rémunération des producteurs et c’est assez difficile à faire entendre. » Et d’espérer qu’Emmanuel Macron pèsera de tout son poids dans ces négociations

Un pacte de compétitivité avec un volet agricole avant la fin de l’année

Sur les problématiques européennes, les professionnels ont pour la plupart apprécié que le président défende le budget de la Pac à Bruxelles.

Ils attendent de sa part qu’ils mènent encore certains combats comme celui de l’étiquetage de l’origine de la viande. « Il faut continuer ce combat au niveau européen et rendre l’étiquetage obligatoire dans les autres pays de l’Union européenne », indique Jean-Michel Schaeffer.

Enfin, le président de la République a annoncé qu’avant la fin de l’année il présenterait un pacte de compétitivité intégrant un volet agricole. Ce dernier doit permettre d’accroître les performances de l’agriculture française afin de le préserver face à ses concurrents.

Marie-Astrid Batut