La société « a approché de manière informelle Bunge pour un possible rapprochement amical d’activités », écrit dans un communiqué succinct Glencore, ajoutant que les négociations pourraient ne pas nécessairement aboutir sur une transaction.

À Wall Street, le titre Bunge s’envolait de 16,27 % à 81,49 dollars moins d’une demi-heure avant la clôture. Il avait commencé à flamber un peu plus tôt quand le Wall Street Journal a rapporté que Glencore, valorisé actuellement à 55 milliards de dollars à la Bourse de Londres, convoitait Bunge.

L’offensive du groupe suisse suggère qu’il a définitivement tourné la page difficile traversée en 2015 quand les marchés financiers s’interrogeaient sur sa solidité financière à la suite de la chute des prix des matières premières. Pour rassurer alors sur sa colossale dette, Glencore a procédé à une cure d’austérité draconienne, incluant notamment des coupes dans la production et des cessions d’actifs.

Peser sur le marché américain

Bunge, dont la capitalisation boursière était de 11,44 milliards de dollars mardi, permettrait à Glencore de peser sur le marché américain, un des vieux rêves du PDG, Ivan Glasenberg.

Bunge a des activités dans une quarantaine de pays et fait partie des quatre « ABCD » du secteur mondial des négociants et producteurs de céréales et oléagineux (avec ADM, Cargill, et Louis Dreyfus). Son bénéfice net a chuté de 80 % à 47 millions de dollars au premier trimestre, en raison du rythme lent des ventes de céréales en Amérique latine.

Récemment, le groupe a indiqué tabler sur une consolidation des industries céréalières et oléagineuses mondiales afin de faire face à l’accumulation des stocks de céréales et oléagineux non commercialisés, notamment en Amérique du Sud. Le PDG du groupe Soren Schroder n’a d’ailleurs pas caché que Bunge prendrait part si besoin est à de grandes manœuvres éventuelles, jugeant probable, dans des déclarations au début de mai, une « consolidation » du secteur.

M.S. avec l’AFP