Orama, syndicat des grandes cultures de la FNSEA, a mis en avant mercredi lors d’une conférence de presse une situation « d’une grande gravité » du fait des très mauvais résultats de la moisson en 2016. « On n’a jamais vu une telle catastrophe au niveau du volume récolté et de la situation économique des exploitations », s’est inquiété Philippe Pinta, président d’Orama. Les régions les plus touchées sont le Grand-Est, l’Ile-de-France, le Centre-Val-de-Loire et la Bourgogne-Franche-Comté.

Il y a en effet une diminution draconienne de toutes les récoltes même si le colza s’en sort un peu mieux que les céréales. L’oléagineux devrait atteindre un rendement moyen de 28 à 30 q/ha. En orge d’hiver, les résultats sont en très forte chute, tandis qu’en blé dur, les moyennes atteignent seulement 10 à 20 q/ha dans les zones non traditionnelles (Poitou, Centre, Bassin parisien). « En blé tendre, certaines fermes sont à 30 q/ha de moyenne, c’est 2,5 à 3 fois moins que d’habitude », chiffre Philippe Pinta, qui parle d’une récolte à 30 Mt en 2016, soit une baisse d’environ un quart par rapport à 2015.

Pour couronner le tout, « les clignotants ne sont pas au vert » concernant le prix des céréales à paille. Selon Orama, « les perspectives sont assez négatives pour l’année à venir, avec de bonnes productions annoncées dans les principaux bassins de production mondiaux ».

Mesures de trésorerie

Cette moisson désastreuse et les prix bas engendrent ainsi d’importants problèmes de trésorerie et vont « mettre en péril un nombre significatif » d’exploitations. « Certaines ont entre la moitié et trois quarts de chiffre d’affaires en moins, souligne Philippe Pinta. Ce qui entraîne des excédents bruts d’exploitation négatifs, du jamais vu. » La situation est donc très compliquée car « pour un certain nombre, non négligeable, c’est la quatrième année difficile ».

« Les agriculteurs sont désemparés et attendent des réponses pour passer cette période difficile, poursuit le président d’Orama. Le plus urgent c’est d’avoir de l’argent pour préparer la prochaine campagne. »

Philippe Pinta a rencontré le 26 juillet 2016 le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour lui exposer le « plan d’urgence Grandes cultures », qui propose en premier lieu des mesures de trésorerie. Orama demande ainsi la mise en place d’un prêt exceptionnel « Moisson 2016 » à taux nul pour couvrir les dépenses de mise en culture à l’automne, de 400 €/ha, et les annuités d’emprunt de l’année, de 300 €/ha.

Une demande prise en compte dans le plan d’aides annoncé par le ministre de l’Agriculture mercredi en conseil des ministres contenant diverses mesures économiques et fiscales.

Orama a prévu de revoir à la fin d’août le ministre de l’Agriculture pour faire un nouveau point. Le syndicat travaille également avec les banques afin d’aborder les mesures à prendre.

« Toute la filière devra faire des efforts. Les agriculteurs ne pourront pas supporter seuls cette année catastrophique », juge Philippe Pinta.

I.E.