Agritel dressait son bilan de la moisson de 2019 ce mercredi 28 août 2019. Ses analystes décrivent un marché du blé français face à d’importants volumes à commercialiser. L’estimation des disponibilités pour l’exportation s’élève à 20,1 millions de tonnes (Mt), contre 17,5 Mt en 2018. Afin d’atteindre un stock de report proche de 3 Mt, il faudra exporter 8,2 Mt vers les pays intracommunautaires et 11,3 Mt vers les pays du tiers.

« La barre des 11 Mt n’ayant été franchie que quatre fois auparavant », rappelle Nathan Cordier, chef analyste chez Agritel. La France devra donc être compétitive tout au long de la campagne. Les autres grands pays exportateurs ne lui faciliteront pas la tâche, laissant craindre une situation de crise en cas de faibles performances sur la première partie de campagne. Mais « pour le moment, les espoirs restent permis avec un blé français qui commence à être plus compétitif », conclut Michel Portier, directeur général d’Agritel.

Un début de campagne peu dynamique

D’après les chiffres provisoires du mois d’août, 750 000 t de blé ont d’ores et déjà été exportés ce mois-ci vers les pays tiers, et 650 000 t en juillet. Les stocks étant bas, le rythme de chargement était faible au début de la campagne. On s’attend par la suite à une accélération progressive de l’exportation à partir du mois de novembre avec comme objectif de vendre 1 Mt par mois sur les onze mois de campagne restants.

De fortes disponibilités en Mer noire

Depuis plusieurs années, le marché français doit faire face à l’augmentation du potentiel de production de la Russie, qui diminue ses surfaces de blé de printemps au profit du blé d’hiver. « La Russie, comme la France, devrait connaître cette année son deuxième meilleur niveau de production de blé avec 75,2 Mt », annonce Agritel. En Ukraine, le constat est identique avec une récolte proche de 28,2 Mt. Les conditions de cultures favorables laissent espérer un rendement proche du niveau record atteint en 2016.

La Russie, comme l’Ukraine, a des niveaux de disponibilité élevés. Pour la Russie, ils seraient estimés autour de 82,6 Mt, équivalents à la disponibilité de l’année passée. Enfin pour l’Ukraine, les faibles stocks de départ ont compensé la forte production, élevant le niveau de disponibilité à 29,9 Mt, contre 33 Mt en 2016.

Un coup de pouce des devises

Face à cette concurrence, la dépréciation de la parité euro/dollar joue en faveur de la France. Le renforcement de la devise ukrainienne en parallèle de plus de 10 % offre un gain à l’exportation et à la compétitivité pour le marché français. « Cette concurrence est également renforcée par des coûts de logistique souvent élevés en Russie et en Ukraine », indique Nathan Cordier. La France profite d’une facilité d’exporter par l’Atlantique, malgré des coûts de production souvent plus élevés que dans les pays de la mer Noire.

L’Argentine, un adversaire de taille

Un record de production est également attendu cette année en Argentine avec une disponibilité jamais atteinte depuis 2007. Les prévisions tablent sur une récolte s’élevant à 20,8 Mt avec un stock de départ de 1,4 Mt, soit une disponibilité de 22,2 Mt. L’Argentine représente un risque pour le marché français, car elle exporte en Algérie, un des pays acheteurs du blé français. De plus, le marché français est également pénalisé face à l’Argentine à cause du recul du pesos permettant une exportation à bas prix.

M.B.
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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