La Confédération paysanne appelle, dans une lettre ouverte publié sur son site le vendredi 20 mars 2020, à une refondation des systèmes agricole et alimentaire. Elle veut faire écho aux propos tenus par le président de la République, Emmanuel Macron, le 12 mars 2020 : « Déléguer notre alimentation […] est une folie. » Le syndicat souhaite remettre au cœur des politiques publiques le principe d’autonomie, sans prôner pour autant « une autarcie ou le repli sur soi ».

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Juste répartition des valeurs

« Un système économique relocalisé, équitable, qui place les considérations sociales et le travail avec la nature au cœur de la réflexion, est la voie d’avenir à suivre », explique le syndicat agricole. Une meilleure répartition des moyens de production et des richesses mondiales serait de ce fait nécessaire.

Nouvelle organisation des filières

La Confédération paysanne appelle également à repenser l’organisation des filières, de la consommation et de l’alimentation : « Repensons nos systèmes alimentaires pour un accès à une alimentation de qualité pour tous. Repensons-les de sorte à les fonder sur une protection accrue, ambitieuse et durable du monde paysan. » Le syndicat entend par cela, l’accompagnement des politiques publiques, la création d’emplois rémunérateurs, d’une alimentation diversifiée ainsi que le respect de l’environnement pour une agriculture plus résiliente.

Soutien aux paysans

Dans sa tribune, le syndicat rappelle les répercussions engendrées par le coronavirus sur le secteur agricole et alimentaire, « les modes de distribution et de commercialisation qui font vivre des dizaines de milliers de paysans […] sont sous pression », prenant exemple sur les contrats avec la restauration hors domicile ou les marchés de plein vent menacés de fermeture. Pour cela, la Confédération paysanne demande des solutions concrètes : « Réguler les marchés, rééquilibrer la chaîne de valeur au profit des agriculteurs, stopper la concurrence effrénée. »

Une urgence qui va au-delà pour le syndicat qui parle d’un défi « climatique et écologique » à relever collectivement.

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Alessandra Gambarini