Attelé depuis un mois à résoudre la difficile équation de l’attractivité des métiers en agriculture et en agroalimentaire, l’atelier 13 des États-généraux de l’alimentation a livré, le 15 novembre 2017, ses conclusions, à l’occasion d’une table-ronde des chambres d’agriculture sur la transmission. Le président de cet atelier, Sébastien Windsor, à la tête par ailleurs de la chambre d’agriculture de la Seine-Maritime, a profité du lancement de la Quinzaine de la transmission pour détailler son plan d’action, en vue de doper les recrutements et le renouvellement des générations en agriculture.

Défendre les revenus

« Vis-à-vis du grand public, il n’est plus possible de séparer les métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Il est extrêmement important de communiquer ensemble, de façon réaliste et coordonner », a-t-il commencé. Producteurs et transformateurs main dans la main sur la même image… À un bémol près : tout le débat sur l’attractivité ne tiendra sans passer par de meilleurs revenus pour les exploitants.

« C’est incontournable, a-t-il poursuivi : l’image des métiers est très liée à la capacité de gagner de l’argent. Aussi, avant toute chose, un meilleur revenu pour les exploitants s’impose. Nous avons conditionné, en cela, nos conclusions à celle de l’atelier 1 voué à relancer la création de la valeur et à son équitable répartition au sein de la chaîne. Nous souhaitons insister sur ce point. »

Mutualiser les moyens

La communication doit par ailleurs être à double visée : l’une doit être destinée à améliorer l’image de l’agriculture auprès du grand public, et l’autre, à spécifiquement recruter, a défendu encore le président de l’atelier. « Pour communiquer, nous devons réfléchir à une forme de mutualisation des moyens, afin de mettre en place des campagnes coordonnées entre les entreprises agricoles, les filières et les entreprises agroalimentaires, sur la réalité du métier. » Sébastien Windsor s’est cependant montré prudent sur ce point en écartant l’idée, d’emblée, d’un fonds de mutualisation.

Ouvrir les portes

Les images fausses seront par ailleurs chassées à coup de journées portes ouvertes sur les exploitations et de semaine de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Pour recruter, le lien entre le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Agriculture, devra être renforcé, de manière à ce que tous les jeunes, même ceux de la filière généraliste, soient sensibilisés à l’existence d’écoles d’agriculture et à la réalité des métiers du secteur. Pour les plus âgés, il conviendrait de s’interroger davantage sur les personnes en phase de reconversion.

L’atelier prône la mise en place d’actions en faveur de l’apprentissage et rappelle la nécessité de lever les freins pour l’accueil des apprentis : « Aujourd’hui, on leur interdit tout ce qui présente un risque. Il faut parvenir à changer cela pour qu’ils acquièrent, au cours de leur apprentissage, les réflexes indispensables qui leur seront nécessaires quand ils seront exploitants. »

Pas de miracle

Il est enfin apparu indispensable aux participants de l’atelier 13, de créer de l’échange au niveau des territoires, par la mise en œuvre de plan d’action autour des métiers de l’agriculture découlant d’accord de branche, et liés à des territoires et à des bassins d’emploi.

« On n’a pas la solution miracle, a conclu Sébastien Windsor, mais on est au moins tous d’accord, sur le besoin aujourd’hui de communiquer. »

Rosanne Aries