La simplicité prévaut, tout du moins pour ce qui est de la gestion des digestats issus de la méthanisation. C’est la principale leçon donnée dans les résultats du projet Diva, conduit par Solagro et l’Irstea entre 2010 et 2014.

Communiquées à l’occasion des Journées recherche innovation (JRI) qui se sont tenues à Limoges au mois de février 2016, ces conclusions prennent à contre-pied une filière investiguant de nombreuses pistes de valorisation de ces « déchets ». « Il n’est pas – sauf situation particulière – nécessaire de procéder à des traitements de séchage et de déshydratation très poussés sur les digestats avant de les épandre dans les champs », nous apprend ainsi la synthèse de l’étude.

La surprise est à la mesure du développement récent de l’offre d’équipements pour le traitement des digestats. Et les résultats du projet Diva pointent justement le surcoût énergétique et économique élevé des posttraitements tout en étant « rarement compensé par une meilleure qualité “fertilisante” des digestats, qu’ils soient liquides ou solides ».

Pour Solagro et l’Irstea, une solution simple comme l’épandage du digestat brut ou après une simple séparation de phase reste la moins coûteuse. « La plupart des procédés installés – de posttraitement NLDR – sur site fonctionnent mal, voire pas du tout. Leurs coûts de maintenance sont largement sous-estimés », précisent-ils. Ils considèrent en outre que les émissions d’ammoniac au séchage et au compostage doivent aussi être récupérées, cela dans le but de diminuer les émissions, assurer la sécurité des travailleurs et valoriser l’azote.

Intérêt du posttraitement dans un contexte d’excédent d’azote

Mais il est des cas où un traitement s’avérera nécessaire. « Les traitements sont utiles lorsque les contraintes locales imposent réellement d’exporter le digestat au-delà de son “bassin d’origine”, dès lors que les distances dépassent une à deux dizaines de kilomètres pour une séparation de phase classique à la centaine de kilomètres pour une opération de séchage », indiquent les deux structures.

D’après l’étude Diva, les posttraitements poussés ont aussi un réel intérêt dans un processus de commercialisation des produits générés. Mais elle identifie un verrou de taille : « Les digestats ne satisfont à aucune norme existante, il est nécessaire de poursuivre les demandes d’homologation pour faire avancer la législation et les connaissances des digestats. »

Vincent Gobert