La nouvelle PPE publiée le vendredi 25 janvier 2019 a baissé l’objectif de production de biogaz à l’horizon de 2028 de 10 % à 7 % de la consommation total de gaz. Cette révision est accompagnée, selon l’association France Gaz renouvelable, d’une diminution du prix de rachat du gaz injecté de 95 € à 67 € par MWh.

« Le but du gouvernement est de se rapprocher des prix du marché », explique Olivier Dauger, coprésident de cette association et représentant de la FNSEA. Mais selon lui, ce prix ne prend pas en compte les externalités positives créées par cette filière. La valeur de l’indépendance vis-à-vis des énergies fossiles, l’amélioration de la qualité des sols, la fourniture d’un engrais organique et local, et le stockage du carbone est difficile à estimer.

Il demande donc au gouvernement d’établir un prix de rachat qui aiderait la filière à se développer. « Les entreprises de construction de méthaniseurs ont besoin de plus de visibilité pour développer leur activité », précise-t-il. Le président a aussi dénoncé le processus d’appel d’offres prévu par la PPE qui risque de favoriser les grosses installations industrielles au détriment de celles portées par des agriculteurs.

Pas de concurrence avec la vocation alimentaire de l’agriculture

Face à la critique de l’utilisation des cultures principales à des fins énergétiques, les présidents nous ont indiqué qu’elles étaient en moyenne de 3 à 4 % chez leurs adhérents, c’est-à-dire bien en deçà des 15 % légaux. Cette possibilité laissée par la loi est d’ailleurs principalement utilisée pour sécuriser l’approvisionnement des méthaniseurs face à la variabilité de la disponibilité des déchets et de la production des Cive (culture intermédiaire à vocation énergétique).

Selon Jacques-Pierre Quaak, coprésident et membre de l’association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), les producteurs n’ont d’ailleurs pas d’intérêt économique a utilisé des cultures principales dans leur méthaniseur car elles représentent un manque à gagner trop important. Parmi les sources d’énergie qui sont appelées à se développer, outre une meilleure utilisation des effluents d’élevage et des déchets de l’agroalimentaire, Jacques-Pierre Quaak voit un vivier très important dans l’amélioration des performances agronomique des Cive (maïs, sorgho, avoine brésilienne, triticale, moha,…). Il faut donc axer la recherche agronomique et variétale sur ces plantes, mais cela prend beaucoup de temps, estime-t-il.

La cogénération doit aussi être défendue

Francis Claudepierre, président de l’AAMF et éleveur laitier bio, a quant à lui présenté les mérites de la valorisation du biogaz par cogénération. Cette technique a un rendement qui ne dépasse pas les 40 %, contre 80 % pour l’injection. Sa viabilité économique dépend donc de la valorisation de la chaleur qui incite au développement d’autres activités sur la ferme. Francis Claudepierre a par exemple développé le séchage de fourrages qui lui a apporté l’autonomie alimentaire de son troupeau et une activité de fromagerie, créant ainsi des emplois supplémentaires. Il a aussi mis en avant l’utilisation du digestat comme fertilisant, particulièrement dans un système de production biologique.

R.H.