Son constat est sans appel : la France arrive aujourd’hui en quatrième position en Europe, derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie pour la production de biogaz. Et selon l’Académie des technologies, l’objectif du plan climat de 23 % des énergies renouvelables dans l’énergie finale en 2020, ne pourra être atteint « sans un développement important de la méthanisation ». Pourtant, l’académie relève le fort potentiel de la filière, ainsi qu’une technologie mature. Télécharger l’étude sur le biogaz.

Alors pourquoi un tel résultat ? Le contexte économique défavorable est en premier lieu pointé du doigt. L’Académie des technologies explique en effet que « le retour sur investissement pour les agriculteurs est long (de 15 à 20 ans), et la récupération des déchets hautement méthanisables reste difficile dans les conditions de collecte actuelles ».

Mais ce n’est pas tout et l’établissement public va plus loin. Il pointe des freins importants dans le développement de cette filière en France. À commencer par sa dépendance « aux politiques publiques mises en place et des soutiens, tant réglementaires que financiers dont elle peut bénéficier ». Il poursuit en précisant que « si les incitations économiques vont dans le bon sens, l’engagement insuffisant des pouvoirs publics (le biométhane était absent du « Grenelle de l’environnement ») et une complexité administrative excessive freinent les porteurs de projet et les collectivités ».

Des freins surmontables à court et moyen termes

Les freins sont aussi techniques. L’Académie des technologies vise en particulier « la garantie du “zéro rejet liquide” pour les installations de méthanisation, difficile à respecter ». Ils sont enfin réglementaires : « La commercialisation des substrats organiques, indispensable à l’équilibre économique de la filière de valorisation, est de fait difficile car le statut réglementaire des digestats demeure flou. »

Toutefois en conclusion, l’établissement public estime que ces freins sont surmontables à court et moyen termes. « La mise en œuvre du dispositif de soutien des filières du bois énergie et de la méthanisation annoncée en février par la ministre en charge de l’Environnement représente une opportunité en ce sens. »

L’Académie des technologies, créée en 2000 et placé en 2013 sous la protection du président de la République, a entrepris une revue des technologies de production des énergies renouvelables, sur les plans technique, économique et réglementaire. Elle a auditionné pour cette étude des spécialistes français du domaine, tant des chercheurs du secteur académique que des industriels présents dans ce secteur.

Vincent Gobert