En plus des pluies qui ont atteint des records cet hiver, le début de l’année 2021 renoue avec un déficit thermique, événement devenu très rare depuis un an et demi en France, dans un contexte très humide et sombre. Frédéric Decker, météorologue à MeteoNews, dresse le bilan climatologique du mois de janvier 2021.

> Retrouvez votre météo agricole personnalisable sur Lafranceagricole.fr

Un déficit thermique marqué

Malgré un froid le plus souvent modéré notamment du 1er au 11 janvier, le thermomètre est par exemple resté constamment sous les 5 degrés durant ces onze premiers jours de l’année. À Orly, le mois de janvier 2021 a dégagé un déficit thermique marqué : –1 degrés par rapport à la normale de 1991 à 2020 et –0,5 par rapport à la précédente normale de 1981 à 2010.

À lire aussi : Attention, les normales de saison font peau neuve (19/01/2021)

La douceur enveloppant ces périodes assez froides n’a pas été suffisamment intense, ni durable pour combler la perte thermique. En moyenne nationale, janvier 2021 est à 4,6 degrés pour une normale de 5,6 degrés. Un pic de froid a été atteint dans le Nord-Est le 16, jusqu’à – 13,5 degrés à Metz, valeur minimale record du mois à basse altitude, sur sol enneigé et par nuit dégagée. Le record maximal du mois a été atteint à Bastia le 29 avec 23 degrés.

Température moyenne nationale en janvier 2021 en France © MeteoNews

Beaucoup de pluie

À l’image du début de l’hiver météorologique (1er décembre) qui a été marqué par des records de pluie dans certaines régions de France, les hautes pressions relativement présentes jusqu’au 17 janvier ont cédé la place à un rail dépressionnaire océanique.

Ce rail dépressionnaire a apporté des fronts très actifs sur l’ensemble de la France et donc des précipitations à la fois fréquentes et abondantes. Des conditions propices aux crues et inondations qui ont parfois été importantes en toute fin de mois, notamment dans le quart sud-ouest et les régions du nord-est.

Et peu de soleil

Après un début d’année catastrophique, pas une seconde de soleil lors de la première semaine sur de nombreuses régions, l’astre du jour est resté paresseux durant ce mois de janvier 2021, confiné derrière une chape nuageuse souvent très dense.

Les 70 heures d’ensoleillement moyen mensuel national sont inférieures de 14 heures à la normale de 1991 à 2020 (84 heures), déficit atteignant donc 17 %. Bien que faible, ce chiffre reste assez nettement supérieur au record de faiblesse de janvier 2018 et ses 53 heures de soleil. Le Touquet détient le chiffre le plus bas du mois avec seulement 35 heures de présence de soleil. C’est Montpellier qui a compté le plus d’heures d’ensoleillement avec 157 heures.

Au total, le mois de janvier a été bien hivernal, globalement froid, mais sans excès en dehors de l’extrême nord-est, conclut Frédéric Decker, le météorologue à MeteoNews.

Oriane Dieulot