« Les récoltes sont catastrophiques. Le rendement attendu pourrait avoisiner les 4 quintaux à l’hectare, contre dix pour une saison normale. De mémoire de producteurs, on n’a jamais vu ça », s’alarme le président de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) de la lentille verte du Puy, Franck Rocher.

En cause, les fortes pluies du printemps et les restrictions en matière d’usage de pesticides qui n’ont pu empêcher les plantes d’être envahies par les mauvaises herbes.

« Le printemps a été frais et pluvieux alors que c’est une plante méditerranéenne qui n’aime pas l’humidité. Les plantes n’ont pas poussé, ont végété et les fleurs n’ont pas fécondé. Conséquence : on se retrouve avec des gousses qui sont quasi vides », résume ce producteur de Siaugues-Saint-Romain.

« C’est une plante capricieuse. On a l’habitude d’avoir de mauvaises années mais on compensait d’une année sur l’autre. Là, cela fait trois années consécutives qu’on est victime de la météo », soupire Jean-François Beraud, autre producteur installé à Saint-Jean-Lachalm, sur le plateau du Velay.

Selon lui, la production de lentilles vertes du Puy devrait « être divisée par deux » cette année. Une calamité pour beaucoup d’agriculteurs de la région qui complètent leurs activités en cultivant cette perle verte, protégée par une appellation d’origine protégée (AOP) depuis 1935.

Une inquiétude partagée par Antoine Wassner, président-directeur général de l’entreprise Sabarot, qui conditionne les lentilles du Puy. « On ne va couvrir que 20 % de nos besoins. Et il n’y a plus de stocks faisant suite aux mauvaises années précédentes. Le risque, c’est que les consommateurs français se détournent de la lentille du Puy pour se tourner des lentilles d’autres régions françaises mais aussi espagnoles, italiennes », affirme cet industriel, qui a fait le choix de vendre cette année par « quotas » essentiellement à l’étranger.

« On a revalorisé le prix de 15 % par rapport l’année dernière pour que producteurs retrouvent les marges qu’ils ont perdues. Mais les centrales d’achat françaises refusent cette hausse alors on va les vendre en Asie, en Angleterre, où la lentille du Puy est très appréciée », ajoute-t-il. Une méthode qui permettra aux agriculteurs d’amortir un peu la baisse des volumes.

AFP