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Vers plus de valeur ajoutée ?

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Marchés laitiers
 - Vers plus de valeur ajoutée ?
© Cédric Faimali/GFA

Pour la Commission européenne, une manière de limiter à long terme la volatilité des cours est la fabrication de produits à forte valeur ajoutée. En Chine, premier importateur mondial de produits laitiers, la demande devrait aller dans ce sens.

« En 2018, la production laitière devrait connaître une croissance significative, principalement tirée par le rétablissement de la collecte en France et en Allemagne », estime Bruxelles, dans ses prévisions publiées en décembre. D’ici à 2030, la croissance de la collecte devrait s’établir à moins de 1 % par an, et sera limitée par la nécessité d’une « utilisation durable des ressources naturelles ».

Crèmes et fromages ont le vent en poupe

Sur la dernière décennie, la consommation moyenne de lait liquide s’est repliée de 6 kg par an et par habitant en Europe, et devrait décroître de la même manière d’ici à 2030. Une partie de cette chute de consommation sera compensée par des envois croissants vers la Chine (+16 % par an).

A contrario, le marché des crèmes est en plein essor, tant sur la vente au détail qu’à l’exportation. C’est également un ingrédient très utilisé dans les produits élaborés. La production européenne devrait s’accroître de 17 % d’ici à 2030.

Sur le marché des fromages, la consommation devrait progresser de 2 kg par habitant et par an en Europe d’ici à 2030. Sur le marché de l’exportation, l’UE devrait fournir 40 % de la demande mondiale à la même échéance. En dehors de la Chine, les principaux débouchés européens seront le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis.

Plus globalement, la Commission table sur une croissance des exportations de produits laitiers de 400 000 tonnes-équivalent lait par an, principalement en fromage et en poudre maigre.

La Chine, numéro un mondial des importations

Le gouvernement Chinois l’a reconnu : l’autosuffisance alimentaire est impossible pour le pays. Les Chinois devraient voir leurs importations de produits laitiers progresser de 2 % par an. Les produits laitiers importés représenteraient ainsi 20 % de la consommation nationale en 2030.

Les achats devraient davantage s’orienter vers des produits à forte valeur ajoutée comme les fromages, le beurre et la crème, pour lesquels les capacités de production chinoises sont limitées. Les besoins devraient en outre s’accroître pour les boulangeries industrielles.

L’écart de prix entre le beurre et la poudre s’inscrit dans la durée

Après avoir atteint près de 6 500 €/t en septembre 2017, le cours européen du beurre devrait se détendre en 2018, à l’image du repli des cotations observé dès le quatrième trimestre de 2017. La demande mondiale de beurre devrait continuer à s’accroître. En 2030, l’Union européenne (UE) devrait fournir 20 % de la demande mondiale, et sera concurrencée par la Nouvelle-Zélande.

Sur le marché des protéines laitières, les exportations européennes de poudre maigre ont bondi de 40 % en 2017, par rapport à 2016, faisant fondre les stocks privés. Mais les stocks communautaires se sont accrus, atteignant 381 000 tonnes en 2017. L’incertitude plane, tant sur la date à laquelle ces stocks seront écoulés que sur leur prix de revente.

Selon Bruxelles, un écart de prix élevé entre le beurre et la poudre maigre devrait perdurer, au moins sur les deux prochaines années.

V. Gu.
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