Ce mercredi 15 mai 2013, à Saint-Honoré-les-Bains (Nièvre), à quelques kilomètres du marché au cadran de Moulins-Engîbert, la Fédération française des marchés de bétail en vif (FMBV) a fait le point sur ses travaux concernant les délais de paiement et la sécurisation des transactions sur les foirails. Elle avait ouvert ce chantier lors de sa précédente assemblée générale, en mai 2012.

Un an plus tard, les réflexions avancent et vont maintenant impliquer les commerçants en bestiaux. Les foirails de Lezay (Deux-Sèvres) et de Cholet (Maine-et-Loire) devraient tester le dispositif en septembre prochain avant un déploiement à une échelle plus large. Aujourd'hui, une dizaine de marchés, selon la FMBV, se disent intéressés par le dispositif.

L'idée de la FMBV est de créer un fond national de sécurisation des transactions à l'image de ce qui existe sur les criées bretonnes adhérentes de l'Abapp. Cet organe financier réglerait les vendeurs dans un délai très court après le marché, trois jours par exemple, et collecterait l'argent correspondant auprès des acheteurs qui auront préalablement fourni une caution bancaire. « La démarche sera volontaire, précise Gilles Rousseau, le président de la FMBV, à ses adhérents. Une obligation n'est jamais une bonne chose. »

Les commerçants, eux, n'auraient en revanche pas le choix. À partir du moment où les marchés qu'ils fréquentent auront choisi ce système, ils devront fournir une caution bancaire ou un dépôt de garantie. « La chose essentielle pour nous est le coût du système, insiste Gérard Poyer, le président de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) invité à débattre du sujet. C'est un souci pour nous de voir les marchés se réduire. Il faut tout faire pour enrayer cette descente [des apports, NDLR] ».

La FMBV a sollicité des organismes bancaires pour connaître le coût de la garantie de paiement. Elle attend les premières réponses dans les jours à venir. Il reste aussi à définir les délais de paiement, l'obligation ou non d'annoncer leurs apports pour les vendeurs souhaitant bénéficier du dispositif, mettre en place la structure pour gérer le fond de garantie, développer les outils informatiques nécessaires avant de les tester. Puis de déployer le tout à Lezay et Cholet.

Eric Roussel