Principal marché de gré à gré français avec 91 000 animaux (1), Bourg-en-Bresse est le premier à avoir déployé le logiciel de gestion de marchés GMB. Développé par la FMBV (Fédération française des marchés de bétail vif) en partenariat avec la DGAL (Direction générale de l’alimentation), il garantit la traçabilité des animaux et le paiement, sans nuire à la rapidité de la vente. Installé sur le foirail de la Chambière en février dernier, il a été testé pendant trois mois avant d’être mis en service officiellement en mai.

Le marché assure la facturation et le paiement sous 6 jours

En pratique, les vendeurs amènent, installent et vendent leurs animaux comme auparavant. Les acheteurs, eux, doivent présenter des garanties bancaires suffisantes : caution ou assurance-crédit (2) pour être autorisés à acheter à l’aide d’un carnet fourni par le marché. Chaque opérateur doit enregistrer ses transactions auprès du personnel du foirail.

C’est le marché qui assure la facturation et le paiement aux vendeurs sous six jours. Les acheteurs ne sont prélevés qu’à vingt et un jours. Pour être en mesure de supporter l’avance de fonds (1,2 million d’euros de transaction en moyenne pour un marché hebdomadaire de 1 900 bestiaux), le marché a passé une convention de découvert avec sa banque historique, la Caisse d’épargne.

Un contrat-cadre avec des tarifs négociés a été signé avec l’assureur Euler Hermes. Le coût est de 0,075 % du chiffre d’affaires mensuel pour la garantie primaire sur trois semaines. « La garantie de paiement, souligne la FMBV, permet de supprimer le risque d’impayés, et assure aux opérateurs une trésorerie rapide avant l’ouverture du marché suivant. »

« Le dispositif améliore la gestion sanitaire et le contrôle de traçabilité »

« En sécurisant le volet économique de la vente, le dispositif améliore la gestion sanitaire et le contrôle de la traçabilité des animaux, se félicite la DGAL, représenté à Bourg-en-Bresse par Pierre Primot, chef du service du bureau d’identification et de contrôle des mouvements d’animaux. Dans un contexte européen où l’accent est mis aujourd’hui sur la biosécurité, anticiper pour lutter efficacement contre les dangers sanitaires est essentiel. »

Avec GMB, le marché enregistre ainsi toutes les entrées des camions et des bêtes, et toutes les transactions entraînant de fait la sortie de l’animal. Sous la halle où un réseau wifi de qualité a été installé, il est possible avec le GMB et une tablette, de réaliser des contrôles sur les animaux (en présence d’un vétérinaire), sur les opérateurs ainsi qu’au déchargement.

Pour ce foirail qui affichait encore en 2013 une fréquentation de 113 000 animaux, retrouver une nouvelle dynamique positive était une nécessité. « En 2014, explique Paul Dresin, le président du marché, nous avons subi la FCO et les relations avec la direction des services sanitaires étaient très tendues du fait d’un manque de rigueur dans le suivi sanitaire des animaux. Nous avons voulu sortir par le haut en mettant en place ce nouveau dispositif avec le soutien de la FMBV. À partir d’une situation confuse, nous avons redressé la barre. Notre délégation de service public a été renouvelée. Nous avons redéployé en interne notre personnel et mis en place des équipements dont un réseau wifi de qualité sous la halle. »

Tout n’a pas été facile pour autant. « Il a fallu une très forte volonté politique pour vaincre les barrières psychologiques et les réticences des négociants. Si les tarifs d’entrée du marché ont augmenté, on reste moins cher que les marchés au cadran (1,5 % contre 3 %). »

(1) Un tiers de petits veaux, un tiers de broutards et laitonnes, un tiers de bovins gras (réforme essentiellement).

(2) 90 % des opérateurs du foirail fonctionnent avec les assurances crédit plus faciles à gérer que les cautions bancaires.

Anne Bréhier