En France, les abattages de porcs et la production se sont réduits de 2002 à 2011 (respectivement -4 % et -3 % en têtes), alors que les abattages progressaient dans l'Union européenne, indique une note de synthèse Agreste conjoncture du ministère de l'Agriculture.

Si on considère dans le même temps la baisse de la consommation française de viande porcine (-3,6 %), on peut dire que le recul de notre production est resté limité grâce à la forte augmentation des exportations de porcs finis vers les pays tiers, précise la note. A l'image de la hausse importante enregistrée au niveau européen (+73 % hors préparations depuis 2004), les exportations françaises de viande porcine ont plus que doublé en volume, et plus que triplé en valeur sur la période allant de 2002 à 2011, avant de se replier de 16 % au cours des neuf premiers mois de 2012 en glissement annuel.

En revanche, les abattages de porcins au niveau européen, au cours de la période allant de 2004 à 2011, ont progressé de 3 %, avec un pic en 2007 et une reprise après la crise en 2010-2011.

Par ailleurs, depuis 2008, le cycle du porc n'est plus aussi régulier, perturbé par plusieurs phénomènes. Preuve en est, jusqu'en 2010, la production et le prix français ont évolué globalement dans le même sens, illustre la note Agreste.

A cette époque, la cotation française du porc charcutier et la production française augmentaient simultanément. La réduction en parallèle de la production européenne globale peut expliquer la bonne tenue du cours.

Mais en 2009, la baisse des productions française et européenne n'a pas entraîné une hausse du prix des porcins « en raison notamment d'une faible demande à l'exportation », analyse le ministère.

« Plus généralement, il semble que la spécialisation des élevages rende plus difficile l'adaptation des éleveurs aux fluctuations rapides du prix », estime-t-il.

Depuis 2011, le cycle est à nouveau plus régulier en France avec une production porcine qui se réduit, et des exportations soutenues, notamment vers les pays tiers, qui favorisent une cotation élevée. « Ce n'est pas le cas au niveau de l'Union européenne où la production est en reprise », souligne la note Agreste.

Les prix actuels, « au plus haut », seraient dus en grande partie à « la limitation de l'offre européenne et française », à « la progression limitée de la consommation française de porc », ainsi qu'à « la bonne tenue des exportations européennes de viande porcine », indique l'analyse du ministère.

Téléchargezla note de synthèse Agreste Conjoncture de décembre 2012.

Sur la période des trois premiers trimestres de 2012, la production française porcine en têtes s'est réduit de 2 % entre 2011 et 2012. Le repli de ces derniers mois proviendrait du ralentissement d'activité des éleveurs de porcs, voire de la cessation, lié à la mise aux normes des bâtiments de truies gestantes, dont l'échéance est fixée au 1er janvier 2013. Ce repli intervient dans un contexte de hausse du prix de l'aliment.

B.V.