Environ la moitié des broutards français sont engraissés sur notre territoire. « En charolais, la demande des engraisseurs se porte traditionnellement sur des animaux de 350 kg. Cependant, ils sont de plus en plus nombreux à rechercher des animaux de 380 à 400 kg », a expliqué Raphaël Colas, de l’union de coopératives Feder. L’autre moitié des broutards part à l’exportation. Un débouché en hausse de 3,4 % en 2016 par rapport à 2015.

L’Italie progresse de 11 %

Le marché italien a enregistré la plus forte progression (11 %) et a permis d’absorber les sorties en hausse à l’automne (entre 6 et 8 % d’augmentation par rapport à 2015). Selon Christelle Pineau, de l’Institut de l’élevage, il y a deux explications à cette évolution : la moindre concurrence de l’Espagne, occupée à exporter vers la Turquie, et l’augmentation des mises en place (50 000 animaux de moins de 1 an supplémentaires répertorié en Italie sur les neuf premiers mois de 2016).

Au premier trimestre de 2017, le marché italien devrait être assez stable mais la demande évolue. Faisant suite à la crise, de nombreux ateliers d’engraissement « opportunistes » ont fermé. Le marché est dominé par les gros ateliers (plus de 500 places) qui souhaitent des approvisionnements réguliers en termes de poids vif. D’autre part, la consommation italienne se modifie. Les portions se réduisent, ce qui privilégie les carcasses plus légères. Le consommateur italien est également de plus en plus sensible au « né en Italie ». Les engraisseurs deviennent donc plus exigeants : les animaux lourds et mal conformés auront de plus en plus de mal à trouver preneur sur ce marché. « L’intérêt pour les femelles est de plus en plus marqué », remarque Raphaël Colas.

Le marché espagnol se maintient et représente le second débouché français. Il écoule des animaux inférieurs, peu valorisés.

La Turquie

La Turquie pourrait être l’Italie de demain à condition que la suspension des importations (en raison de la FCO) soit levée. Actuellement, les engraisseurs importent des animaux légers (autour de 300 kg), majoritairement en provenance de l’Amérique du Sud.

Les exportations vers l’Algérie sont en baisse du fait d’un manque de liquidité dans ce pays lié à une chute du cours des hydrocarbures. Enfin, une délégation israélienne sera reçue en France du 23 au 30 janvier 2017 en vue d’une éventuelle ouverture du marché israélien en 2017.

Valérie Scarlakens

Votre analyse du marché - Bovins maigres

Le marché se tend

Depuis deux semaines, les sorties ont sensiblement progressé, conduisant à un accroissement des exportations vers l’Italie et l’Allemagne. Si ces deux marchés restent demandeurs, les engraisseurs attendent de vider leurs ateliers pour les fêtes de fin d’année. En France, les abatteurs poussent à davantage de mises en place, mais après le coup dur de la crise de Covid-19 l’an dernier, les candidats sont peu nombreux.