Les prix du blé se sont légèrement affaissés sur le marché français cette semaine. Le rendu Rouen perdant 1 €/t, à 173 €/t. Sur le marché mondial, les évolutions ont plutôt été haussières : +1 $/t pour le blé russe à 12,5 %, à 196 $/t, et +2 $/t pour le blé américain SRW (blé de base qualité meunière), à 224 $/t.

Récoltes en cours

La semaine écoulée n’a donc pas vu de grosse variation des prix. Les récoltes sont en cours. Peu de surprises en France où nous maintenons une estimation de récolte à 37 millions de tonnes. On s’attend toutefois à des rendements moins bons que prévu dans le centre-nord de l’Europe (Allemagne, Pologne) et le nord (pays baltes), faisant suite à l’impact de la vague de chaleur et de sécheresse de la fin de juin.

En Russie, comme attendu, les rendements sont plus faibles que prévu dans le Sud mais la qualité est excellente (taux de protéines très élevés). Il pleut maintenant sur le centre de la Russie et la Volga : cela sera très bénéfique pour les cultures de printemps mais vient gêner la moisson des cultures d’hiver.

L’Égypte a acheté 240 000 tonnes de blé cette semaine, choisissant les origines roumaine et ukrainienne mais dénigrant l’origine russe, jugée trop chère (pas d’offres françaises). La Russie a du mal en effet pour l’instant à proposer la qualité requise par le GASC (office d’achat égyptien) : elle offre des blés plus protéinés à un prix trop élevé par rapport aux concurrents. Néanmoins, cela devrait évoluer rapidement avec une qualité russe qui semble baisser au fur et à mesure que la moisson progresse vers le nord.

Des taux de protéines en baisse en France

Les blés français, de leur côté, affichent des taux de protéines inférieurs à ceux de l’an dernier : il conviendra de suivre l’impact de ce phénomène sur les exportations à venir. Pour l’instant, la situation reste lourde avec des excédents qui se profileront en fin de campagne si les blés français ne gagnent pas en compétitivité.

Toutefois, les stocks mondiaux et européens sont en train d’être revus en baisse par rapport aux perspectives d’il y a quelques mois. Il n’est pas exclu que les prix grimpent, à terme, sur le marché mondial et que cela finisse par apporter la compétitivité nécessaire aux blés français sans que ces derniers aient à baisser leur prix.

Maïs : apaisement… provisoire ?

Les maïs français se sont dépréciés de 2 à 3 €/t cette semaine, suivant un mouvement généralisé de baisse sur le marché mondial. Hier soir, l’USDA, le ministère américain de l’Agriculture, revoyait en hausse l’estimation de la récolte de maïs américaine dans son rapport mensuel sur l’offre et la demande. L’USDA place cette récolte à 352 millions de tonnes par rapport à 366 millions de tonnes récoltées en 2018. Ce chiffre indiquerait une très modeste perte de production par rapport à ce qui était craint précédemment.

Il convient de rester très prudent face à cette prévision, basée sur une estimation de surface très élevée malgré les intempéries, estimation de surface qui sera amendée en août par les apports d’une nouvelle enquête auprès des producteurs. Nous prévoyons de notre côté une récolte de maïs américaine beaucoup plus basse, proche de 330 millions de tonnes.

Quoi qu’il en soit, les opérateurs semblent reprendre leur respiration sur le marché du maïs et cela pèse sur les prix. Les maïs français ont suivi pour ne pas perdre en compétitivité alors que la récolte européenne n’est pas encore assurée : les conditions chaudes et sèches dans l’ouest et le centre de l’Union européenne suscitent des inquiétudes.

Orge : la demande à l’exportation soutient les prix fourragers

Au cours de la semaine, les prix français ont commencé par baisser, avant de regagner 8 €/t entre mercredi et vendredi. L’orge rendu Rouen est maintenant cotée à 160,50 €/t (+2,5 €/t par rapport à la semaine dernière). La nette remontée des prix d’orge au cours de la seconde moitié de la semaine résulte des nombreux chargements en cours dans les ports français, notamment vers la Chine (125 000 tonnes), l’Iran (60 000 tonnes) et le Maroc (26 000 tonnes).

Les cotations mer Noire ont également grimpé depuis la semaine dernière, l’ukrainienne a gagné 3 $/t, à 191 $/t, et la russe jusqu’à 12 $/t, à 181 $/t. L’orge française Fob Rouen s’affiche aujourd’hui à 186 $/t. Les estimations des récoltes en Russie et en Ukraine ont été révisées en baisse, ce qui, avec des engagements à l’exportation élevés, a conduit à cette réaction haussière en mer Noire, même si ces orges restent moins chères que la française.

Contrairement aux orges fourragères, les orges de brasserie ont vu leur prix reculer. L’orge brassicole de printemps a perdu 5 €/t à 169 €/, tandis que celle d’hiver a perdu 3 €/t, à 160 €/t. L’orge de brasserie d’hiver s’est légèrement dépréciée à mesure que les retours de récolte devenaient rassurants (surtout les rendements, la qualité étant hétérogène).

La baisse des prix des orges de printemps coïncide avec l’arrivée au Danemark et en Suède (deux importants producteurs d’orge de brasserie de printemps) de pluies depuis le début du mois de juillet, certes modérées, mais régulières, ainsi que de températures plus clémentes.

Le soja américain soutenu par les rapports de l’USDA

Les cours de soja ont gagné du terrain en début de semaine face aux inquiétudes liées à l’état de la nouvelle récolte aux États-Unis. Le rapport de l’USDA sur les conditions de culture publié lundi maintient le marché en alerte sur l’état des plants, et affiche un retard important pour l’émergence et la floraison du soja. Le rapport mensuel de l’USDA sur l’offre et la demande mondiale était également haussier pour les cours de soja.

La production américaine a été revue en baisse d’un peu plus de 8 Mt, à 104,6 Mt, par rapport au mois dernier faisant suite à des révisions en baisse de la surface et des rendements potentiels. Sur une semaine, le prix du soja à Chicago gagne 4 $/t, à 329 $/t, sur novembre et à 3 $/t, à 337 $/t, pour la nouvelle récolte.

Le colza en légère hausse en France

Du côté du colza, les cotations sont en progression de 4 €/t Fob Moselle et à Rouen, à respectivement 369 €/t et 359 €/t. Elles sont soutenues par le rebond du soja mais aussi par les fondamentaux du marché européen. L’offre européenne est attendue en forte baisse en nouvelle campagne en raison du mauvais départ des semis en plus des conditions climatiques hostiles au développement des cultures, alors que la demande devrait rester soutenue.

Au Canada, le prix du canola recule de 1 $/t, à 342,5 $/t, sur juillet et de 2 $/t, à 347 $/t, sur novembre. La récolte canadienne pourrait reculer moins fortement que prévu avec l’amélioration des conditions de culture et le retour des pluies. Par ailleurs, la baisse de la demande chinoise ainsi que le recul de l’huile de palme continuent de peser sur les cours de la graine canadienne. Ce recul est néanmoins atténué par la tendance haussière du complexe soja et du pétrole.

Stabilité pour le tournesol, conditions hydriques à surveiller

Pour le tournesol, les cultures se développent globalement dans de bonnes conditions en France et dans l’Union européenne. Cependant, les précipitations seraient nécessaires dans les prochaines semaines. Les conditions hydriques sont également à surveiller en mer Noire. Un déficit hydrique prolongé pourrait affecter les rendements potentiels de la culture de tournesol. Notons que l’USDA a revu en baisse sa prévision de production en Russie de 0,5 Mt (baisses de la surface et du rendement par rapport au mois dernier).

Les prix de tournesol sont restés stables à Saint-Nazaire à 340 €/t et en mer Noire à 365 $/t depuis la semaine dernière. La demande turque reste bien présente sur la fin de campagne notamment en provenance de l’Union européenne et de la Russie mais les stocks élevés en mer Noire empêchent toute hausse des cours pour le moment.

Le tourteau de soja grimpe aux États-Unis, et baisse en Europe

Le tourteau de soja gagne 6 $/t, à 344 $/t, à Chicago dans le sillage de la graine. En revanche, son prix recule légèrement à Montoir (–2 €/t, à 323 €/t) en raison de disponibilités élevées en Amérique du Sud, et plus particulièrement en Argentine.

Tallage

À suivre : avancée de la récolte des céréales et de colza en mer Noire et l’Union européenne, qualité en Russie, conditions climatiques européennes et nord-américaines, cours du pétrole, cours d’huile de palme, négociations commerciales entre les États-Unis et Chine.

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