Accalmie sur le marché des céréales cette semaine, les prix de l’orge restant stables et ceux du blé et du maïs se stabilisant. Les prix grimpent en revanche sur le marché des oléagineux en raison du retard des semis de soja aux États-Unis.

Blé, la consolidation

Hausses et baisses se sont succédé si bien que les prix se retrouvent proches des niveaux de la semaine dernière. Les inquiétudes en Russie pour les régions du centre-sud restent de mise suite au maintien de conditions sèches qui ont limité les rendements. Néanmoins, la situation s’est améliorée dans l’est du pays avec l’arrivée de pluies bénéfiques. Il a plu également en Australie et cela a permis de calmer les craintes même si de nouvelles précipitations s’avèrent nécessaires pour que les potentiels puissent s’exprimer. De bonnes pluies enfin sont prévues au Canada pour la semaine qui vient.

Ces facteurs, ainsi que le début d’une récolte qui se confirme très belle en Ukraine, ont poussé vers le bas les prix de la mer Noire (–3 $/t, à 195 $/t pour le blé russe à 12,5 % de protéine, –1 $/t, à 180 $/t pour le blé ukrainien), et américains (–5 à 7 $/t selon la qualité). Les pluies ont pourtant encore été abondantes cette semaine aux États-Unis et leur impact sur les rendements et la qualité des blés reste inquiétant. C’est d’ailleurs pour cela que les prix du blé SRW de basse qualité meunière produit dans le Midwest dépassent ceux du HRW, de plus haute qualité, mais produit dans le sud du pays et donc moins affecté par les pluies diluviennes.

Les premiers échos de la moisson américaine sont ainsi assez mitigés en ce qui concerne la qualité, tout le contraire des premiers résultats provenant de la mer Noire. Néanmoins, les dégâts sur les semis de maïs américains sont maintenant pris en compte par les opérateurs et le maïs ne vient plus pousser le blé vers le haut comme il l’a fait au cours des semaines précédentes.

La hausse des températures inquiète en Europe

Dans l’Union européenne, après les pluies globalement bénéfiques, ce sont les fortes températures en perspective qui ont animé le marché à la fin de la semaine et fait légèrement remonter le Matif ce jeudi. Néanmoins, les récoltes de l’Union européenne s’annoncent encore très bonnes si bien que, sur le marché physique, les prix n’ont gagné que 1 $/t à Rouen cette semaine (à 174 €/t), leur progression se voyant limitée également par la remontée de l’euro face au dollar. Les blés ouest-européens sur le marché mondial ne sont toujours pas compétitifs par rapport aux blés de la mer Noire et cela devrait constituer un facteur de pression pour les semaines qui viennent.

Des prix du maïs en légère hausse mais qui s’essoufflent

Les semis de maïs sont terminés aux États-Unis et de larges surfaces n’ont pu être semées à cause de l’excès d’humidité. En outre, de nombreuses parcelles semées devront être retournées à la suite des inondations. Cette situation continue de soutenir les prix du maïs américain (+2 $/t, à 203 $/t Fob Gulf) mais le gros mouvement de panique des dernières semaines est terminé.

Dans ce contexte, les prix du maïs nouvelle récolte s’apprécient cette semaine en France, de 2 à 4,5 €/t selon les places, à 168,5 €/t Fob Bordeaux et 166,5 €/t Fob Rhin. Leur progression est toutefois limitée par le fait que les maïs importés d’Amérique du Sud et d’Ukraine demeurent attractifs sur la nouvelle campagne, sur le sud de l’Union européenne notamment. La récolte s’annonce toujours bonne en Ukraine pour l’automne, même si elle n’atteint pas les records de l’an passé. Et les résultats de la seconde récolte brésilienne, en cours, sont excellents.

Stabilité en orge

Les valeurs françaises sont restées stables en orge de mouture (à 159,75 €/t Fob Rouen) alors qu’elles ont de nouveau baissé pour les russes (–3,5 $/t, à 165 $/t Fob). Ces orges russes, comme les ukrainiennes (169 $/t), valent toujours beaucoup moins cher que les orges françaises (186 $/t), ce qui laisse peu de chance à l’origine française (ou européenne) dans le cadre du nouvel appel d’offres lancé par l’Arabie cette semaine pour 900 000 tonnes à expédier entre août et octobre.

Les orges brassicoles sont restées de marbre aussi après la baisse marquée de la semaine dernière. Le marché reste caractérisé par la faiblesse des achats en raison d’une bonne couverture de la part des malteurs. Dans un contexte de hausse de la production de brasserie de printemps et avec des orges fourragères trop chères pour être attractives, l’ambiance est restée plutôt baissière à court terme pour le prix des orges brassicoles de printemps à 179 €/t Fob Creil. La forte vague de chaleur annoncée la semaine prochaine reste à suivre de près toutefois même si l’on note peu d’inquiétude actuellement.

Les graines nord-américaines entraînent le prix du colza en hausse

Sur la nouvelle récolte, le colza français gagne 3,5 €/t en rendu Rouen et 2 €/t en Fob Moselle, en réaction à la hausse des prix du canola canadien, et du soja américain. En effet, les retards de semis du soja accumulés depuis le début de mai n’ont jusqu’ici pas pu être rattrapés. Le temps reste plus froid et plus humide que la normale, et un rattrapage sur le début de juillet est dorénavant impossible. Une baisse des surfaces américaines de soja par rapport à la campagne précédente apparaît inévitable désormais. Cela fait grimper de 10 $/t le prix du soja à Chicago cette semaine sur le rapproché, tout comme les cotations sur la nouvelle campagne (+9 $/t sur l’échéance de novembre 2019).

Au Canada, si des pluies récentes ont été bénéfiques aux cultures, après plusieurs semaines de temps sec qui pénalise fortement l’humidité des sols, elles ne sont pas suffisantes pour assurer un bon niveau de production de canola. Le risque climatique est très important à ce stade sur les prairies canadiennes. Le potentiel de production est d’ores et déjà réduit, avec une surface attendue en forte baisse en 2019, et un rendement potentiel affecté.

Les prix du canola montent de 2 à 3 $/t sur le marché de Vancouver cette semaine. Néanmoins, le bilan canadien de canola apparaît toujours assez lourd, en raison de stocks accumulés sur les derniers mois faisant suite à la fermeture du débouché chinois (conséquence du conflit diplomatique qui oppose ces deux pays). Il faudrait ainsi un fort accident climatique pour que les prix du canola augmentent beaucoup plus fortement.

Dans l’Union européenne, la récolte de colza s’apprête à commencer dans le Sud-Est. La production européenne est attendue en forte baisse, avec une chute des surfaces et des conditions climatiques peu favorables sur l’ensemble du cycle de culture.

Le tournesol commence à suivre les autres oléagineux

Les intempéries aux États-Unis pénalisant l’avancée des semis et le développement des sojas, le prix de l’huile de soja a grimpé sur les derniers jours. Cela a entraîné par ricochet une hausse du prix de l’huile de tournesol en Europe et dans la zone de la mer Noire, et des graines de tournesol.

Ainsi le prix du tournesol gagne 10 €/t en ancienne campagne à Saint-Nazaire, et 10 $/t en Fob mer Noire. Les conditions de développement sont plutôt bonnes actuellement dans le Sud-Est européen et dans la zone de la mer Noire, tandis que les potentiels sont moins bons en France et en Espagne. La récolte européenne devrait progresser par rapport à l’an passé, à la faveur d’une forte hausse de surface en Roumanie, où la surface en colza a chuté violemment.

Chute du prix du tourteau

Alors que l’ensemble des prix des oléagineux est à la hausse, le prix du tourteau de soja s’effondre sur la semaine à Montoir (–7 €/t, à 332 €/t), affecté par une offre sud-américaine vigoureuse et une demande en demi-teinte. Les acheteurs semblent couverts sur le rapproché, et ne sont guère actifs actuellement. Au niveau mondial la demande n’est pas très forte non plus : les prix à Chicago n’ont pris que 1 $/t sur la semaine, imperméables au rebond du prix de la fève de soja.

Le pois fourrager subit ce climat baissier et voit son prix reculer de 1 €/t sur le rapproché en France. À l’heure actuelle, le prix de la nouvelle campagne est très proche du prix de l’ancienne à 186 €/t au départ de l’Eure-et-Loir. Les conditions de développement ont été bonnes jusqu’ici et l’offre devrait être abondante en nouvelle campagne.

Tallage

À suivre : récoltes de céréales et de colza en Europe/mer Noire, impact des pluies sur la qualité du blé aux États-Unis, climat en Australie et au Canada, surfaces semées en maïs et soja aux États-Unis, développement des tournesols et sojas.

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