À l’exception du maïs qui reste très cher dans l’Hexagone par rapport aux concurrents des pays tiers, les céréales françaises ont vu leur prix remonter légèrement cette semaine, tirées par l’exportation (orge) ou la légère appréciation des autres origines sur le marché mondial (blé).

Hausse en blé tendre sous effet monétaire et baisse des surfaces aux USA

C’est un mouvement de hausse qui a dominé cette semaine en blé tendre que ce soit sur le marché français ou sur le marché mondial. Le rendu Rouen gagne ainsi 2 €/t tandis que La Pallice monte de 1 €/t, tous les deux à 153,5 €/t. Cette tendance n’a cependant pas concerné l’intérieur du pays, les prix étant restés stables à Creil et ayant même baissé en Fob Moselle.

L’euro s’est légèrement affaissé ces derniers jours mais cela n’est pas suffisant pour expliquer l’embellie modérée des prix en portuaire. Celle-ci est plutôt à mettre au compte de la légère élévation des prix de la mer Noire sous l’influence de l’appréciation du rouble (liée à la montée des prix de l’énergie) d’une part et d’un nouvel achat de l’Égypte. Étant donné l’importance des exportations de la première moitié de campagne, les stocks dans le sud de la Russie (région qui dessert les ports) ont commencé à s’alléger. Cela permet maintenant aux vendeurs de laisser les prix monter modérément tout en maintenant l’origine mer Noire (russe meunière et ukrainienne fourragère) plus compétitive que ses concurrentes.

S’il fallait en attester, il suffit d’observer comment les opérateurs se sont « jetés » sur le contingent à droit zéro importable d’Ukraine dans l’UE : ce contingent (de 1,035 million de tonnes) est valable pour l’ensemble de l’année 2018 et venait d’être rouvert au 1er janvier. L’ensemble des demandes d’importation présentées par les opérateurs à Bruxelles s’est élevé à 40 fois environ le volume du contingent ! Chacun a obtenu une petite part du gâteau, au prorata de sa demande.

Un autre facteur plutôt haussier à mentionner cette semaine : outre les inquiétudes concernant la sécheresse au Kansas et l’impact des basses températures sur les blés d’hiver US, le marché est resté les yeux rivés sur les estimations de surface que l’USDA va publier d’ici à ce soir pour les blés d’hiver américains. Ces surfaces sont attendues en nette baisse et le fait que les lumières se soient braquées sur cette question a soutenu les prix.

Enfin, il est à noter aussi plusieurs achats importants cette semaine, en plus de l’acquisition de 115 000 t de blé russe par l’Égypte : le Maroc a passé contrat pour 315 000 tonnes de blé US et de 360 000 tonnes de blé européen alors que l’Asie était active également (achats de la Thaïlande, du Japon, de Taïwan).

Les pluies en Argentine compriment encore les prix

Mouvement inverse en maïs à celui du blé : les prix se sont affaissés en France, abandonnant entre 1 et 2 €/t que ce soit sur la façade atlantique ou en Fob Rhin. Les ventes de maïs US restent assez basses et quelques pluies sont annoncées en Argentine. Cela a détendu l’atmosphère malgré une situation qui reste sèche dans le nord du Brésil. En conséquence, les prix sud-américains ont perdu 1 $/t cette semaine (à 163 $/t Fob).

En Ukraine en revanche, l’activité reprend après la pause de Noël et les problèmes logistiques ne semblent pas encore résolus. Cela soutient les prix Fob qui ont gagné 4 $/t sur la semaine (à 171 $/t). Malgré cette hausse des maïs ukrainiens, les maïs français demeurent toujours trop chers par rapport à leurs concurrents si bien que les importations de maïs des pays tiers continuent bon train dans l’UE, attendues à plus de 15 millions de tonnes. Comme pour le blé, les importateurs européens ont raflé en une fois la totalité du nouveau contingent 2018, importable d’Ukraine à droit zéro (1,125 million de tonnes).

Rebond en orge fourragère

Le marché de l’orge est tiré par les exportations si bien que le rendu Rouen gagne 3 €/t cette semaine à 149,5 €/t. Les orges françaises étaient depuis plusieurs semaines nettement plus compétitives que les orges de la mer Noire. Toutefois, cette appréciation des derniers jours les place maintenant à parité avec les orges ukrainiennes ou russes, ce qui risque de nouveau de raviver la compétition entre les deux blocs et de stopper la hausse. Peu d’évolution sur le créneau brassicole avec des prix proches en Fob Creil de 154 €/t pour l’orge d’hiver et de 195 €/t pourr celle de printemps.

Pluies en Argentine, récolte brésilienne et exportations faiblardes aux US pèsent sur le soja

Le cours du soja sur le marché à terme de Chicago est reparti à la baisse cette semaine. Il a perdu environ 5 $/t sur le rapproché entre le 4 et le 11 janvier. En effet, des nouvelles rassurantes sont parvenues d’Argentine, où des pluies sont annoncées pour la fin de la semaine. Cela n’a cependant pas empêché la Bourse de Rosario de revoir sa prévision de récolte en nette baisse (à 52 millions de tonnes contre 54,5 précédemment).

Au Brésil, la récolte débute mais elle est retardée par les pluies, notamment dans l’État du Mato Grosso. Cette semaine, le ministère de l’Agriculture brésilien a revu ses perspectives de récolte à la hausse à 110 millions de tonnes. Certains analystes prévoient même que la production brésilienne pourrait atteindre le record de l’an dernier (114 millions de tonnes).

À cela s’ajoute le contexte baissier aux États-Unis. Les ventes à l’exportation restent plutôt faibles malgré les stocks pléthoriques et les opérateurs attendent donc une réduction des prévisions d’exportations dans le rapport de l’USDA à paraître ce vendredi soir.

Colza en baisse sur les marchés à terme

Les cours du colza sur les marchés physiques français se sont légèrement renchéris (+1 €/t rendu Rouen et Fob Moselle). En revanche sur les marchés à terme, le colza a perdu 4 €/t sur Euronext et le canola canadien 12 $/t sur l’ICE. Ils ont suivi la baisse du soja américain. Au Canada, la fermeté du dollar canadien face au dollar US a également pesé sur les cours.

En Ukraine, les cultures de colza restent en très bon état mais la vigilance est de mise. En effet, les températures douces rendent les plants plus vulnérables à une éventuelle vague de froid.

Le prix du tournesol rendu Saint-Nazaire a suivi le mouvement baissier. Il s’est légèrement affaissé, à 312,5 €/t.

Baisse du prix du tourteau à Chicago

Le prix du tourteau de soja sur le marché de Chicago a baissé dans le sillage de la graine. Il a perdu 7 $/t par rapport au 4 janvier. Les perspectives de pluies en Argentine, premier exportateur mondial de tourteaux, en sont la principale cause.

Cette baisse ne s’est pas encore reportée sur le marché européen où le prix du tourteau de soja départ Montoir a gagné 9 €/t.

Le prix du pois fourrager est inchangé cette semaine à 175 €/t départ Marne.

À SUIVRE : exportations russes de blé, premières estimations officielles aux USA sur les surfaces d’hiver, logistique en mer Noire, perspectives de récoltes de soja et de maïs en Argentine et Brésil, conditions climatiques pour les colzas en mer Noire, exportations de soja US.

Tallage
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza cède du terrain

Le colza clôturait en baisse hier et s’ouvrait en baisse également sur Euronext le 25 mai 2022 au matin. Il « évolue globalement dans un range relativement étroit depuis quelques semaines », note toutefois Agritel.