Après le sursaut de la semaine dernière, c’est la douche froide de nouveau cette semaine pour les céréales sur le marché français et la hausse de l’euro face au dollar (+2 %) y est pour beaucoup. Cette évolution tranche avec celle, plutôt en hausse, du marché mondial.

Le blé ploie

Les blés français ont perdu entre 4 et 5 €/t selon les places, le rendu Rouen chutant à 148,75 €/t et le rendu La Pallice descendant à 145,75 €/t. Sur Euronext, l’échéance de mars 2017 abandonne 3,5 €/t, à 155,25 €/t.

L’Égypte est revenue de nouveau aux achats cette semaine et a contracté 295 000 tonnes. Toutefois, elle s’est de nouveau fournie entièrement en blé russe et la France n’a pas vu la couleur de cet appel d’offres. La Corée et le Japon aussi ont bouclé des achats cette semaine pour des blés canadiens, australiens et US. Les opérateurs font état d’une bonne reprise d’activité sur le marché du blé.

Cette reprise d’activité a fait grimper légèrement les prix américains qui gagnent 2 $/t cette semaine, à 186 $/t Fob Gulf pour le blé SRW (basse qualité meunière).

Lundi dernier, pourtant, les prix US avaient touché leur niveau le plus bas depuis un mois après la publication de l’USDA concernant les surfaces de blé d’hiver ensemencées pour la récolte de 2018. Ces surfaces US, restant historiquement basses, se sont avérées en fait très supérieures aux attentes des opérateurs et ont fait momentanément plonger Chicago. Les prix sont repartis à la hausse ensuite en raison de l’intérêt « acheteur » qui s’est manifesté.

Toutefois, dans ce contexte, les prix européens restent, eux, comprimés vers le bas par leur manque de compétitivité et la suprématie russe sur presque tous les marchés de l’UE. Sans compter sur l’Argentine qui reste un compétiteur de taille sur l’Afrique du Nord. Le gouvernement argentin vient d’ailleurs d’imposer un plafond sur les frais de manutention portuaire et le maximum autorisé va être inférieur à ce qui était en place auparavant de 20 à 40 % selon les coûts. Cela ne peut faire que renforcer la compétition exercée par ce pays revenu en force sur la scène internationale depuis l’arrivée de son nouveau gouvernement en 2015.

Le maïs plonge

Les prix du maïs français ont continué de baisser cette semaine. La diminution est marquée sur la façade atlantique où les prix ont abandonné 6 €/t, à 147 €/t, Fob Bordeaux. La baisse est plus modérée dans l’est de la France mais les prix Fob Rhin se sont affaissés quand même de 3 €/t cette semaine, à 155,5 €/t.

Le maïs français a ainsi bougé à contre-courant de l’évolution du marché mondial : en effet, les prix argentins ont gagné 4 $/t, à 167 $/t Fob, à cause de l’impact de la sécheresse qui suscite des inquiétudes pour les rendements de la récolte de 2018. Cette inquiétude et une reprise des ventes ont fait grimper les prix US et ukrainiens (dans une moindre mesure).

Ce mouvement des maïs français est conforme à l’état du bilan qui s’annonce lourd car les maïs français restent encore trop chers par rapport aux maïs des pays tiers importés dans l’UE.

Les orges plus soutenues

Les prix des orges fourragères ont suivi le mouvement même si la baisse est restée nettement plus modérée que celle du blé en raison des chargements en cours. L’orge a perdu 1 €/t seulement à Rouen à 148,25 €/t et 2 €/t en Fob Moselle (à 140,25 €/t). La situation mondiale reste assez tendue en orge et cela devrait continuer de soutenir les prix français.

Du côté brassicole, les prix des orges d’hiver ont suivi à la baisse la mouture (–1 €/t, à 153 €/t Fob Creil) mais les prix de printemps n’ont pas suivi, gagnant au contraire 2 €/t, à 197 €/t Fob Creil. Les orges de printemps sont tirées par la demande allemande et par les déboires qualitatifs qui font surface actuellement au Royaume-Uni, en Scandinavie et en Allemagne.

Les spéculations sur la météo en Argentine font monter le soja

Le cours du soja sur le marché à terme de Chicago continue de faire le yo-yo : il remonte cette semaine d’environ 10 $/t sur le rapproché. En cause, des risques de sécheresse en Argentine qui alimentent la spéculation sur la fève nord-américaine. En effet, la fin des semis en Argentine est gênée par les sols secs, et la surface pourrait être revue à la baisse.

À noter aussi que vendredi dernier (après la parution de notre analyse) l’USDA a revu en légère baisse la production de 2017 de soja aux USA : –1 million de tonnes (Mt), à 119,5 Mt. Les perspectives d’exportation ont aussi été revues à la baisse, mais restent très proches du chiffre de 2016-17. Cela ne paraît pas cohérent avec des ventes qui restent très en retard (elles atteignent 41,5 Mt au début de janvier, contre 48,3 Mt l’an passé à la même date). L’USDA confirme aussi les bonnes perspectives de récolte au Brésil (avec une production revue en hausse de 2 Mt). La situation reste donc plutôt baissière, sauf en cas de gros problème climatique en Argentine.

Les prix du colza chutent de nouveau

Les cours du colza sur les marchés physiques français ont chuté lourdement cette semaine, perdant 15 €/t en rendu Rouen et 14,5 €/t en Fob Moselle. Ils reculent aussi sur le marché à terme, perdant 9 €/t sur Euronext. Les prix subissent de plein fouet la remontée de l’euro face au dollar, tandis que les importations élevées sur juillet/décembre permettent aux triturateurs de voir venir.

Au Canada au contraire, les prix remontent de près de 10 $/t sur le marché à terme ICE (Intercontinental Exchange), dans le sillage du soja US. La demande internationale ne faiblit pas, soutenant là aussi les cours.

Le prix du tournesol rendu Saint-Nazaire a suivi le mouvement baissier. Il est maintenant coté à 305 €/t (–7,5 $/t).

Le prix du tourteau repart à la hausse

Le prix du tourteau de soja sur le marché de Chicago a nettement remonté ce mois-ci : il gagne en effet presque 21 $/t par rapport au 11 janvier. La sécheresse persistante en Argentine (premier exportateur mondial de tourteaux) et la vague de froid aux USA (qui augmente les besoins énergétiques des animaux), en sont les deux principales raisons.

Sur le marché européen, le prix du tourteau de soja départ Montoir remonte modérément (gagnant 3 €/t).

Le prix du pois fourrager est en baisse cette semaine à 170 €/t départ Marne (–5 €/t).

À SUIVRE : compétitivité des blés et maïs français face aux origines concurrentes, conditions de culture des récoltes d’hiver en céréales, perspectives de récoltes de soja en Argentine et Brésil, conditions climatiques pour les colzas sur le continent européen, exportations de soja US.

Tallage
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza cède du terrain

Le colza clôturait en baisse hier et s’ouvrait en baisse également sur Euronext le 25 mai 2022 au matin. Il « évolue globalement dans un range relativement étroit depuis quelques semaines », note toutefois Agritel.