L’audience s’est tenue le lundi 27 juin 2017 au tribunal de Laval. Au cœur des discussions, la manifestation du 11 février 2016 sur le site principal du n° 1 mondial du lait. Ce dernier reproche à la FDSEA et à JA (Jeunes Agriculteurs) d’être les initiateurs de cette mobilisation ayant causé des dommages sur ses bâtiments. Le montant des réparations demandé s’élève à 966 000 €.

« Le droit et la liberté syndicale sont essentiels, mais non la violation du droit de la propriété et la dégradation » affirmait l’avocat de Lactalis à Ouest-France. Philippe Jéhan, président de la FDSEA de la Mayenne, réfute cette accusation. « Nous étions dans un contexte de manifestations très régulières, indique-t-il. Cette mobilisation avait été organisée spontanément par des agriculteurs non-revendiqués, pas par les syndicats. »

Cinq procédures en cours

La FDSEA de la Mayenne n’en est pas à son premier dossier en justice avec Lactalis. « Avec cette nouvelle affaire, nous comptons désormais cinq procédures en cours, affirme Philippe Jéhan. Certaines remontent jusqu’à 2013, et nous subissons à chaque fois une pression phénoménale. À croire que Lactalis veut tuer le syndicat majoritaire. »

Le président de la FDSEA de la Mayenne dit regretter cette situation. « Nous avons la chance d’avoir en Mayenne le n° 1 mondial du lait. Il y a beaucoup de choses à faire pour l’avenir, notamment sur la valorisation de notre production. Je souhaiterais que nous ayons des relations contractuelles plutôt que conflictuelles », conclut-il.

V. Gu.