A la veille de la journée nationale de mobilisation organisée par le réseau FNSEA, Xavier Beulin, président du syndicat, a rappelé que celle-ci n'était « pas une action ponctuelle décidée du jour au lendemain », mais le résultat d'un processus enclenché lors des Etats-généraux de l'agriculture, au début de l'année. La profession avait alors dressé une liste de constats et de propositions à l'intention des pouvoirs publics.

Le succès de cette mobilisation sera jugé sur les « annonces du Premier ministre », s'est avancé le président de la FNSEA, avant de préciser qu'il « espère » que Manuel Valls s'exprimera.

De fait, deux des huit points durs défendus par le syndicat majoritaire ont déjà obtenu satisfaction : l'écotaxe a été abandonnée, et une avance sur le versement des aides Pac a été accordée. Il reste huit points, dont les deux principalement mis à l'honneur mercredi concernent la directive nitrates, le zonage et la réglementation environnementale d'une part, la défense de l'origine France dans la restauration collective d'autre part.

Des actions diverses et variées sont prévues

Des actions diverses et variées sont prévues dans les départements ou régions : opérations escargot, « drive fumier », collage d'autocollants dans les cantines ou grandes surfaces, rencontres avec les pouvoirs publics et/ou les élus, défilés... « Le monde agricole est en vigilance orange mais qui s'en aperçoit ? », interroge le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau. Vu le contexte, « nous appelons à l'apaisement, les évènements douloureux de ces derniers jours n'autorisent pas le moindre dérapage », a-t-il insisté, reconnaissant des « risques » à Toulouse.

D'autres organismes se joindront au mouvement

Si plusieurs centaines de manifestants sont attendus dans les différents départements ayant appelé à la mobilisation, d'autres organismes agricoles ou non ont désiré se joindre au mouvement. Les chambres d‘agriculture de l'Ile-de-France ont annoncé qu'elles fermeraient leurs portes au public. Et « des secteurs n'ayant rien à voir avec l'agriculture ont fait part de leur souhait de se joindre à nous », a indiqué Xavier Beulin, qui a dit ne pas savoir si concrètement, ces acteurs (artisanat, commerce, paysagisme...) seraient présents à la manifestation.

En attendant, la Coordination rurale, elle, s'est vu refuser sa proposition d'« union syndicale », envoyée la semaine dernière. « Une plate-forme syndicale, ça ne se construit pas en une semaine, a expliqué Thomas Diemer, président des JA. Nous, ça fait plus d'une semaine qu'on travaille sur ces problématiques... »

B.L.