« C’est un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur. […] Je sais l’état de souffrance économique et parfois moral dans lequel sont plongés nos agriculteurs » a commencé le président interpellé lors de sa conférence de presse à Mayotte le 22 octobre 2019. Effectivement, plus de 85 % des départements s’étaient mobilisés plus tôt dans la journée à l’appel des syndicats majoritaires pour exprimer leur ras-le-bol.

« Nous avons une agriculture dont on doit être fier »

Le président n’a pas manqué d’évoquer l’agribashing, un des fléaux dénoncés lors des manifestations du 22 octobre. Pour lui, « notre pays s’est emparé d’une drôle de mode, en tout cas d’un drôle d’état d’esprit qui a consisté à pointer du doigt, voire à stigmatiser nos agriculteurs en disant qu’ils étaient les ennemis du bien-être animal, les ennemis de la bonne alimentation. »

Faisant allusion aux intrusions illégales dans les élevages ou aux agressions envers les agriculteurs qu’il juge inacceptables, le président a déclaré avoir demandé que toutes les forces de sécurité intérieure et la justice soient mobilisées pour apporter des réponses rapides et fermes. « Nous avons l’une des agricultures la plus exigeante sur le plan des normes sanitaires, sur le plan de la réduction des pesticides, sur le plan du respect de toutes les normes au monde », a enfin rappelé le président, précisant qu’il fallait arrêter de fragiliser l’agriculture nationale.

Souveraineté alimentaire

Emmanuel Macron a aussi évoqué l’ouverture aux marchés européens, voire mondiaux et l’importation de produits agricoles ne respectant pas les normes françaises. « Je crois en la souveraineté alimentaire, […] c’est le cœur de la loi EGAlim », a-t-il dit, prenant l’exemple de la filière porcine et l’ouverture au marché chinois qui aurait permis d’augmenter les prix et de mieux rémunérer les éleveurs.

En réponse aux syndicats au sujet de la rémunération des agriculteurs, le président a pointé du doigt les transformateurs, industriels, coopératives et distributeurs qui « ne jouent pas le jeu », selon lui. « C’est une transformation de notre modèle que nous sommes en train de faire », a-t-il ajouté.

Alessandra Gambarini