La justice a demandé mercredi aux membres de la Confédération paysanne occupant la Maison du lait à Paris, dont quatre grévistes de la faim, de quitter dans les 38 heures les locaux, faute de quoi ils seront expulsés.

Le siège du Cniel, l'interprofession laitière, est occupé depuis près d'un mois par des militants de la Confédération paysanne qui se relaient afin d'obtenir leur représentation au sein du collège des producteurs du Cniel. Le syndicat exige de participer aux discussions sur la politique laitière et notamment les prix payés aux producteurs.

Dans son ordonnance de référé, le TGI de Paris, saisi par les locataires et le propriétaire de la maison occupée, considère que cette occupation « constitue un trouble illicite qu'il convient de faire cesser ».

Il constate aussi que « le mode d'occupation (...) a évolué vers un certain assouplissement du blocage », mais estime que « le choix de la nouvelle forme d'action évoquée de grève de la faim (...) révèle la volonté de pérenniser la présence dans les lieux ».

Le juge « invite » par conséquent les occupants illicites « à quitter l'ensemble des locaux » concernés « au plus tard à l'expiration d'un délai de trente-huit heures », censé permettre « un délaissement des lieux dans les meilleures conditions de dignité des personnes ».

« A défaut », il sera procédé à leur expulsion « si besoin est avec le concours de la force publique et d'un serrurier », ajoute l'ordonnance.

« C'est donc au Cniel, entre autres, que reviendra la responsabilité de demander l'expulsion par la force publique, ou de trouver une réponse à la revendication de la Confédération paysanne, qui est de siéger à l'interprofession laitière », a prévenu dans la foulée le syndicat, dans un premier communiqué.

Philippe Collin, le porte-parole de la Confédération paysanne, s'est réjoui qu'aucune astreinte financière n'ait été retenue, preuve selon lui d'un jugement « mesuré » qui « ne remet pas en cause (leurs) revendications ».

Les occupants de la Maison du lait restent en place jusqu'à vendredi matin, a confirmé le porte-parole du syndicat, qui attend l'intervention annoncée des forces de l'ordre. Dans tous les cas, a-t-il confirmé, « l'action pour la pluralité syndicale ne va pas s'arrêter là par le fait de cette décision de justice ».

Les grévistes de la faim continueront leur action au-delà, a indiqué Philippe Collin. « Le respect des fondements de la démocratie ne se réglera pas par l'intervention des forces de l'ordre », a-t-il conclu dans un entretien téléphonique.

B.V.