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Récolte de 2016, hétérogène en qualité et en rendement

Maïs fourrage
 - Récolte de 2016, hétérogène en qualité et en rendement
© M. Bressand/GFA M. Bressand/GFA

Jusqu’à plus de 40 % de matière sèche (MS) dans 15 % des chantiers, selon Arvalis-Institut du végétal. Cette récolte atypique et variable, y compris d’une parcelle à l’autre, doit être analysée pour construire une ration efficace.

« Cette année, les récoltes de maïs fourrage sont impactées par une météo ayant enchaîné pluie, sécheresse et chaleur », a décrit Bertrand Carpentier, expert à Arvalis-Institut du végétal lors d’une journée « maïs fourrage et bovins », le 17 novembre à Paris.

En mai et juin, l’excès de pluviométrie, en particulier dans le centre et l’est de la France, a perturbé les semis. Conséquences : retard de semis, voire ressemis en cas d’inondation, difficultés d’enracinement et retards de floraison. Par la suite, un temps très sec a marqué l’été dans l’Ouest et le Centre : moins de 50 mm d’eau pour toute la saison dans de nombreux départements. Le remplissage des grains a été pénalisé. Une forte chaleur a été enregistrée à la fin de l’été, entraînant une accélération de la maturité des plantes.

Le rendement national est estimé à 12 t MS/ha, soit 5 % inférieurs à la moyenne quinquennale. Les variations sont cependant fortes entre régions. En Basse-Normandie, le rendement est de 14 t MS/ha, identique à la moyenne des cinq dernières années, alors que dans le Limousin il est de 9,5 t MS/ha en 2016, soit 2,5 points de moins que sa moyenne quinquennale.

Un taux d’amidon dégradable à surveiller

Un taux élevé de matière sèche (MS) marque l’année 2016, en atteignant plus de 40 % dans 15 % des chantiers. Dans le Nord-Ouest (Bretagne, Normandie, Hauts-de-France), la teneur en MS est la moins haute, avec 33,7 % MS de médiane. Dans les autres zones, 25 % des chantiers ont été réalisés à plus de 38 %, avec une moyenne à 35,2 % MS.

Les teneurs en Unités fourragères laitières (UFL) sont assez identiques sur le territoire, la moyenne s’élevant à 0,91 UFL/kg MS. Cependant, l’origine de l’énergie varie entre les régions avec des taux d’amidon dégradable dans le rumen disparates : de 270 g/kg MS dans l’Ouest à 210 dans le Centre, la zone la plus stressée.

Retirer du correcteur azoté

Les exploitations du Nord-Ouest bénéficient d’un maïs assez conventionnel, où il peut suffire de retirer une petite partie du correcteur azoté et d’ajouter un peu de céréales, dans le cas où l’analyse de fourrage montre un maïs plus pauvre en amidon que d’habitude. Pour les autres régions, les maïs secs doivent entraîner un recul net de l’utilisation de correcteur. Attention : les fortes teneurs en glucides solubles entraînent une instabilité à l’ouverture des silos. Alexis Ferard, spécialiste d’Arvalis, conseille d’estimer ses stocks dès à présent, en prenant en compte les faibles densités des maïs de cette année, pour anticiper l’achat de fourrage si c’est nécessaire.

Mise à jour des estimations de la valeur énergétique

L’Inra et Arvalis ont présenté une mise à jour du modèle de digestibilité de maïs fourrage.

Les deux instituts ont intégré de nouvelles données pour ajuster les coefficients de la formule de calcul précédente. En parallèle, de nouveaux critères venant compléter l’estimation en UF ont été présentés. Ils visent à préciser la provenance de l’énergie :

• la dégradabilité de l’amidon des grains,

• la digestibilité des fibres végétales NDF.

Ces critères intégreront le nouveau système d’alimentation de l’Inra qui sera publié au cours de 2017. Le logiciel Inration devrait quant à lui changer en septembre 2017.

M.B.

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