La réglementation qui empêche pour le moment tout engin agricole autonome de travailler seul dans une parcelle à plus de 1 km/h et de se déplacer sur la route, pourrait bien évoluer plus rapidement que prévu.

Un pavé dans la mare

Dans la feuille de route « Agriculture et numérique » dévoilée par Julien Denormandie ce 28 février 2022, la partie consacrée à la levée des freins réglementaires jette un énorme pavé dans la mare.

Le gouvernement préconise en effet d’étudier la sûreté de fonctionnement des machines agricoles autonomes évoluant en milieu ouvert afin de permettre leur homologation, la modernisation de la réglementation et donc leur utilisation dans les fermes françaises.

Trois axes d’expérimentation

Afin de moderniser la réglementation, en accord avec la protection des personnes et de l’environnement dans lequel évolueront ces engins autonomes, France Expérimentation conduira des essais selon trois axes.

Le premier concerne la conformité des machines autonomes dans un environnement de plein air avec la directive machine, notamment Iso 18497. À cet effet, les expérimentations seront menées sur une plateforme de tests, en suivant différents protocoles.

Déplacements entre parcelles

Le second axe concerne la conformité avec la réglementation routière. L’objectif de ce point stratégique est de montrer que le passage d’une parcelle à l’autre peut se faire dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Les essais pourront ainsi porter sur la traversée de certains chemins ruraux et communaux ou sur le survol de terrain pour les drones robotisés.

Éviter le piratage

Le dernier point concerne la cybersécurité des machines autonomes. Encore peu étudié, ce dernier axe d’expérimentation devra aboutir à la conception de guides sur la prise en compte des enjeux de cybersécurité dès la conception des robots. Cet axe de travail sera articulé avec d’autres projets de la feuille de route portant sur les données agricoles.

Corinne Le Gall