Le président de la République a donné sa première conférence de presse du quinquennat le jeudi 25 avril pour présenter ses conclusions au grand débat national. Il a d’abord tenu un long discours préliminaire de plus d’une heure avant de répondre aux questions des journalistes.

Le chef de l’État a annoncé des mesures dont certaines avaient déjà été ébruitées.

Coup de pouce pour les petites pensions

Le président de la République a confirmé la réindexation sur l’inflation des retraites inférieures à 2 000 euros par mois, et ce à partir du 1er janvier 2020. Il a promis qu’à partir de 2021, plus aucune pension ne sera sous-indexée.

Autre annonce : son intention de « rebâtir un système de retraite juste, par points ». Les grandes lignes de la réforme des retraites, conduite par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, seront présentées « à l’été ». Emmanuel Macron a clairement rejeté le recul de l’âge minimum légal de 62 ans pour partir en retraite. Il envisage plutôt « d’allonger la durée de cotisation et de laisser le libre choix ». Son idée ? « Un système de décote qui incite à travailler davantage. »

Les actuels retraités agricoles oubliés

Enfin, le chef de l’État a annoncé la mise en place d’une retraite minimale de 1 000 euros par mois, pour tous les retraités ayant eu une carrière complète. Ce montant est, selon lui, « significativement supérieur » au minimum vieillesse qu’il a promis de relever à 900 euros l’an prochain.

Toutefois, visant les actuels retraités aux faibles pensions, il a déclaré : « On hérite d’un système et je ne peux pas dire à ceux, qui parfois n’ont pas cotisé ou ont cotisé insuffisamment, qu’on va corriger les situations passées ; ça, on ne sait pas le faire. »

Cette annonce de ne pas revaloriser les pensions des actuels retraités a fait réagir la Confédération paysanne « alors que le niveau de pension agricole moyen est de 740 € mensuel ». « Le président vient ainsi d’acter qu’il fait de tous ces retraités des abandonnés de la République », se désole le syndicat dans un communiqué du 26 avril.

Tout comme le syndicalisme majoritaire à la veille de l’allocution du chef de l’État, le syndicat demande la revalorisation immédiate à 85 % du Smic pour les actuels retraités.

Services publics en milieu rural

Emmanuel Macron l’a affirmé dans son intervention : « Il ne pourra plus y avoir de fermetures d’écoles, ni d’hôpitaux, sans l’aval du maire », jusqu’en 2022. Il a ajouté qu’il compte limiter à 24 le nombre d’enfants par classe en grande section de maternelle, CP et CE1.

Le chef de l’État a plaidé pour qu’il y ait « plus de fonctionnaires présents sur le terrain ». Interrogé sur la compatibilité de cette annonce avec celle de réduire de 120 000 le nombre de postes dans la fonction publique, le chef de l’État s’est dit prêt à « abandonner » cet objectif « si ce n’est pas tenable ». Il doit demander au gouvernement de lui donner son analyse d’ici à l’été, notamment au regard de la dette publique.

Le président de la République entend par ailleurs développer des maisons « France services ». Ces organismes, installés dans chaque canton d’ici à 2022, auront pour objectif de faciliter les démarches en réunissant différentes administrations.

Aurore Cœuru