« La crise actuelle liée au Covid-19 est sans précédent car c’est une crise des services, pas de l’industrie », constate Frédéric Martin, le président d’Axema (syndicat des constructeurs et importateurs d’agroéquipements) ce 13 octobre 2020 lors d’une conférence de presse à Paris. Les agriculteurs et les entrepreneurs ont continué à travailler pendant le confinement et les matériels à s’user. Une situation qui permet aux constructeurs de limiter les dégâts par rapport à d’autres secteurs.

2020, un bon millésime

« Sur les deux premiers mois de l’année, nos résultats ont été bons, voire très bons », constate Jean-Christophe Régnier, le président de la commission économique d’Axema. « Avec le confinement, la plupart des usines ont été arrêtées et près de la moitié de nos salariés mis en chômage partiel. Mais dès que nous avons pu reprendre nos activités, nous avons connu un important phénomène de rattrapage. »

« En septembre, nous avons constaté qu’une grande partie de notre retard sur les ventes était comblé, ce qui était inattendu et inespéré quelques mois plus tôt », ajoute-t-il. Les ventes de matériels d’agroéquipements neufs devraient s’établir à 5,8 milliards d’euros en 2020, en baisse de 5% par rapport à 2019, qui était une année exceptionnelle, mais en hausse de 7 % par rapport à 2018.

Des situations variables

Jean-Christophe Régnier précise que les performance sont variables selon les types de matériels. « 2020 sera notre meilleure année depuis 2010 mais certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres. Les ventes de matériels de laiterie sont en hausse tandis que le marché du tracteur est stable. On constate une légère baisse dans le domaine de la récolte. La chute du marché est plus marquée pour les véhicules agraires, certains matériels de travail du sol et les équipements d’espaces verts. »

Des incertitudes pour 2021

Alors que les inquiétudes sur 2020 ont en grande partie été levées, les professionnels du secteur s’attendent à une année 2021 compliquée, sans pour autant céder au catastrophisme. La situation économique en grandes cultures inquiète, même si les prix restent corrects. « Il y aura un impact fort de la moisson en 2021, prévoit Frédéric Martin. Nous prévoyons une baisse de marché de 5 à 10 %. Il est impossible de donner une estimation plus précise car il y de nombreuses inconnues, et pas seulement sur le plan sanitaire. »

L’impact du plan de relance, avec ses 250 millions d’euros fléchés vers les agroéquipements, est en effet difficile à évaluer. « Nul ne sait encore si les achats subventionnés de matériels viendront s’ajouter ou se substituer aux dépenses prévues par les exploitations agricoles, ETA ou Cuma », prévient le président d’Axema. Les industriels ne baissent pas les bras pour autant puisque 95 % d’entre eux envisagent de lancer des nouveaux produits en 2021.

Corinne Le Gall