L’écimeuse est l’outil de la dernière chance du désherbage mécanique. Complémentaire du binage et de la herse étrille en bio, et de l’herbicide en agriculture conventionnelle, ce n’est pas le matériel vers lequel il faut se tourner en priorité. Cette solution de rattrapage peut permettre de récolter des cultures infestées de chénopodes, éliminer la sanve dans le colza à l’automne et le sarrasin montant en graines avant l’hiver dans du colza implanté en cultures associées.

Dans des céréales, la machine se montre efficace pour écimer ray-grass, bromes, folle avoine. Pour autant, l’écimeuse montre rapidement ses limites en végétation trop denses ou lorsque l’écart de taille entre la culture et l’adventice est trop peu important, par exemple avec du vulpin dans un blé. Par ailleurs, des cultures trop souples ont tendance à se coucher au passage de l’écimeuse. La machine est donc plus efficace avec les végétaux à tige rigide.

Des outils de plus en plus perfectionnés

Les écimeuses présentes sur le marché sont souvent des machines simples avec une transmission hydraulique ou par courroies. Mais plusieurs constructeurs vont plus loin que la simple lame. Semas propose ainsi une écimeuse préfaneuse avec des rabatteurs montés sur un mât hydraulique. Cette solution technique permet d’utiliser l’écimeuse aussi bien sur céréales que pour supprimer les betteraves montées.

De son côté, Bionalan équipe sa solution d’un système rotatif avec des diviseurs avant. La matière coupée est emmenée par les ciseaux. Puissante et rapide la machine est polyvalente. Elle peut être aussi utilisée pour broyer les chaumes, les chardons, voire les couverts végétaux s’ils ne sont pas trop denses. Selon le constructeur, il est possible de travailler à 10 km/h, soit presque le double de la vitesse normale d’un écimage.

Le suédois Lyckegard, propriété de Kvick Finn, propose une solution différente. Contrairement aux écimeuses classiques, le CombCut n’évolue pas au-dessus de la culture, mais au ras du sol. Les céréales sont suffisamment souples pour se courber entre les couteaux et ne pas être endommagées. En revanche, les tiges plus rigides des adventices sont coupées. Un rotor garni de brosses se charge d’évacuer les adventices. Toutefois, selon l’importateur français, le réglage mécanique du CombCut est mal adapté aux conditions françaises, plus variables que celles de la Suède, et qui nécessitent des ajustements fréquents appelant un réglage hydraulique ou électrique.

Chez Garford, l’écimeuse à lames Boomerang est entraînée par courroies. Elle peut être attelée aussi bien sur le relevage avant que sur le tablier d’un chargeur frontal, ce qui est un avantage pour les éleveurs. Le sens des rotors est inversé afin de limiter le transfert des végétaux coupés et de former des andains intermédiaires.

Gourmandes en hydraulique

Les écimeuses se montent généralement sur le relevage avant du tracteur. Et c’est là que le bât blesse car elles sont gourmandes en hydraulique. Le débit nécessaire, qui peut atteindre 60 l/min sur certains modèles de 5 mètres, n’est pas toujours disponible au niveau de l’avant des tracteurs affectés à l’écimage. Plusieurs constructeurs proposent donc des flexibles et raccords hydrauliques pour se brancher sur le bloc hydraulique de l’arrière.

Pour son écimeuse de 15,60 m, Bionalan va plus loin avec la possibilité de s’équiper d’une centrale hydraulique indépendante pour alimenter l’engin sans solliciter l’huile du tracteur. Un équipement quasi incontournable pour préserver la qualité de l’huile hydraulique lorsqu’elle alimente aussi la variation continue.

Corinne Le Gall