Depuis deux jours, les annonces de fermeture d’usines d’agroéquipements se multiplient. Parmi les poids lourds du machinisme en France, Claas a annoncé l’arrêt de la production dans ses deux usines du Mans (tracteurs) et de Woippy (presses) tandis que Massey Ferguson a fermé le site de Beauvais (tracteurs et transmissions). Dans les deux cas, l’arrêt de la production est programmé jusqu’au 27 mars 2020. Manitou, Grégoire-Besson, Carré, Rabaud ou encore Sulky-Burel ont adopté une démarche similaire. En Angleterre, c’est JCB qui vient de stopper sa production, notamment en raison de la baisse de la demande mondiale.

Garantir la sécurité des salariés

Pour les usines françaises, la raison invoquée pour justifier les fermetures est la santé des salariés. « Les usines ont travaillé sur différentes organisations du travail pour assurer la continuité des activités, mais la décision de fermer s’est imposée, expliquent des représentants de Claas. Elle s’explique par l’importance de l’épidémie de Covid-19, la nécessité de garantir la sécurité des collaborateurs dans un contexte où il est impossible de faire respecter les exigences de distanciation, par les ruptures réelles et annoncées d’approvisionnement de fournisseurs. » En revanche, chez la plupart des constructeurs, l’activité de production des pièces de rechange est maintenue. Ce qui n’empêche pas les concessionnaires de s’inquiéter pour certaines pièces stratégiques en cette période comme celles des semoirs.

À lire aussi : Semis de printemps, concessions et entrepreneurs s’adaptent au confinement (17/03/2020)

Pas d’obligation de fermer

De son côté, Axema (syndicat des constructeurs et importateurs) s’inquiète de ces arrêts de production. « Les décisions du gouvernement ne consistent pas à arrêter l’activité économique, précise Alain Savary, le directeur général d’Axema. Les arrêtés des 14 et 15 mars ne concernent que les établissements recevant du public (ERP) dont la caractérisation est légalement très précise, et sur ce point elles sont interdites, sauf celles citées positivement dans une liste comme le commerce alimentaire ou les pharmacies et aussi les magasins de réparation et d’entretien des machines agricoles. Les conséquences de cette mauvaise compréhension des décisions ont engendré depuis deux jours des situations de fermeture de sites industriels en cascade qui font peser un risque majeur sur la fourniture des agroéquipements et la continuité de la production agricole à l’aube des travaux du printemps. »

Corinne Le Gall